Hugo Clery

L’Europe veut réglementer davantage la protection des données personnelles en ligne

Par Hugo Clery, le 25 janvier 2012
L’Europe veut réglementer davantage la protection des données personnelles en ligne

Ce dimanche se tenait la conférence DLD, réunissant la crème des leaders et innovateurs dans le domaine des nouvelles technologies et du web : Google, Facebook, Twitter, Tumblr, 4chan, Amazon, mais aussi des médias comme le New York Times, Wired, NewsCorp, Huffington Post ou encore The Economist étaient représentés. C’est lors de cette conférence que la vice-présidente de la Commission Européenne, Viviane Reding, a annoncé l’intention de l’Union Européenne (UE) de durcir la législation concernant la protection des données privées en ligne.

S’adapter au web d’aujourd’hui

Sujet majeur dans le contexte actuel qu’est le web social, la protection des données privées se heurte à des obstacles politiques et techniques. L’émergence des médias sociaux et des hébergeurs de fichiers pose la question de la sécurité des données et des informations privées mais aussi de leur propriété : qui de l’hébergeur ou de l’utilisateur est responsable. Les règles doivent donc évoluer pour s’adapter aux nouvelles pratiques, incitant les internautes à étaler leur vie privée sur les réseaux sociaux et stocker des informations et données en ligne.

Viviane Reding (photo prise lors de la conférence DLD, crédits photo : Getty Images / DLD) déclare:

C’est seulement si les utilisateurs savent leurs données protégées qu’ils vont faire confiance aux entreprises les possédant… Nous avons besoin d’individus qui ont le contrôle de leurs informations.

L’UE vise donc, avec ces nouvelles règles, à inciter à la transparence en mettant en place un système répressif en cas de faux-pas. Ainsi, les entreprises en possession des données personnelles d’utilisateurs se devront d’informer les instances régulatrices à la moindre faille, sans quoi elles seront mises à l’amende (à hauteur de 1% de leur chiffre d’affaires). Le fondateur de 4chan, Chris Poole (aka «moot»), prend l’exemple de Sony qui, lors du piratage de son Playstation Network l’année dernière, n’a pas été condamné pour avoir manqué de sécuriser les données parfois sensibles de ses clients (adresse, numéro de carte bleue).

De nouveaux droits pour les utilisateurs

Pour les utilisateurs, cela implique deux nouvelles perspectives : le fameux «droit à l’oubli» qu’il est encore maintenant difficile de faire valoir, et un autre droit, celui de la portabilité de ses données. Il devrait être ainsi possible pour chacun de transférer ses informations d’un service à un autre sans laisser de traces. Disparaitre totalement d’un réseau social ou d’un service d’hébergement dit «cloud» devrait être facilité dans le futur, sans que la question de la propriété des données personnelles soit remise en cause.

Facebook a déjà fait des efforts dans ce sens en signant en novembre dernier un accord avec la FTC (Federal Trade Commission) pour améliorer sa transparence quant à la gestion des données de ses utilisateurs et de rendre des comptes à la Commission tous les deux ans pendant vingt ans sur la bonne tenue de ses engagements. Cela vaut pour les réseaux sociaux mais aussi, comme il a été dit plus haut, pour les hébergeurs de fichiers. Avec les événements récents (MegaUpload), il est important de régler les questions de responsabilité lors du détournement de l’usage d’un service, mais aussi de la propriété des données en question. La législation est pour le moment assez bancale et se doit maintenant d’évoluer pour s’adapter à ce nouveau contexte de régulation.

Ces nouvelles règles mettront deux ans à se concrétiser, l’UE aura besoin de l’aide de toutes ces entreprises pour mettre en place une législation lucide et ancrée dans la modernité. Cette coopération et cette consultation sont de plus en plus nécessaires pour éviter d’énormes décalages entre juridiction et technologie, comme cela a pu être le cas avec SOPA.

Mais Viviane Reding a assuré qu’Internet ne se verrait jamais bloqué, répondant ainsi aux inquiétudes grandissantes.

La protection des créateurs ne doit jamais être utilisée comme un prétexte face à la liberté de l’internet“.

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Etudiant en communication, passionné par les transform...

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