Raymond Morin

Génération C : le portrait social de la Net Generation

Par Raymond Morin, le 9 décembre 2011
Génération C : le portrait social de la Net Generation

Représentant plus de la moitié de la population active dans le monde, la nouvelle génération fait évidemment l’objet de nombreuses études.

Plusieurs firmes d’analyse marketing se sont penchées sur la question, et ont tenté de mieux comprendre ce qui anime et motive les jeunes de 18-35 ans.

En juin 2011, la firme FlowTown a publié une infographie à partir des résultats d’une étude du Pew Research Center Internet, qui décrit bien le portrait social de la Net Generation (La génération Y, aussi appelée Boomerang Generation, Peter Pan Generation ou Echo-Boomers – lire aussi : Génération C : La révolution des Echo-Boomers). En France, et ailleurs dans la francophonie, on parle plus souvent des Enfants du millénaire.


Un portrait-type de la génération Y

Les données combinées de Pew Research Center et Wikipedia, et présentées dans l’infographie de FlowTown : Who Are The Millenials ? permettent de dresser un portrait-type de la génération Y dans le monde. Cinq tendances majeures se dessinent :

1 – Génération inter-continentale, un phénomène global!  

Si on interprète les données compilées par la firme (Pew Research Center/Wikipedia), la génération Y est un phénomène inter-continental, dominé cependant par l’occident. Selon les chercheurs de Pew, les Enfants du millénaire sont majoritairement représentés dans le monde par des jeunes natifs de races blanches (60%), tandis que l’autre 40% se partage entre les autres races : 20% hispaniques, 14% de races noires et 5% asiatiques.

Cependant, les chercheurs devront aussi intégrer les jeunes du monde arabe, tout comme les rebelles des nations communistes comme la Chine, pour obtenir un portrait global plus juste de la nouvelle génération Y.

2 – Une nouvelle notion familiale, axée sur la parentalité et la stabilité

À plusieurs niveaux, les jeunes de la génération Y revivent un contexte social qui ressemble à celui qu’ont vécu leurs grands-parents de la génération silencieuse (1928-1944). Pour la plupart des enfants des baby-boomers, les jeunes remettent en question leurs compétences parentales, et repoussent la famille encore plus loin que les générations précédentes, d’où la référence à la génération Peter Pan.

On ne veut pas revivre le drame des familles reconstituées. Trois jeunes sur quatre vont rester célibataires jusqu’à 28 ans, et retourneront vivre chez leurs parents après leurs études (d’où le nom de génération Boomerang). Seulement un jeune sur cinq se mariera avant d’avoir trente ans, et 4% se sera déjà séparé ou divorcé.

L’analyse de Pew Research Center : The Portrait of Millenials va encore plus loin dans la comparaison des générations, et démontre qu’entre 18 et 28 ans, près du tiers (29%) de la génération X (1979-1995) s’étaient déjà mariés, 42% des baby-boomers (1962-1978) étaient déjà en couple, comparativement à 54% de la génération silencieuse (1945-1961).

3 – Le libéralisme et l’équité aux premiers plans des préoccupations

Une des tendances qui ressort le plus de l’infographie de FlowTown, et de l’étude de Pew Research Center souligne aussi que la nouvelle génération Y place les vertus de libéralisme, de tolérance et d’ouverture aux changements aux premiers plans de ses préoccupations. Plus de la moitié des répondants (52%) de l’étude ont déclarés qu’ils visent d’abord à devenir de meilleurs parents avant de fonder une famille, tandis que près du tiers (30%) placent la réussite du mariage au premier plan.

Plus encore, l’altruisme (21%) et la spiritualité religieuse (15%) suivent comme priorités chez les jeunes de la génération Y. Seulement un jeune sur cinq souhaite avant tout posséder un foyer, avoir une carrière payante (15%), du temps libre (9%) et devenir célèbre (1%). La nouvelle génération affiche donc d’autres valeurs que le matérialisme et l’égocentrisme comme on pourrait le croire. Et, si elle demeure tournée vers elle-même, c’est à travers les nouvelles technologies qu’elle s’exprime.

4 – Des sources d’informations conventionnelles

Selon les données compilées par FlowTown, les jeunes de la Net Generation s’identifient d’abord à leurs compétences sur le Web et dans les médias sociaux.

Mais, si une grande majorité utilisent les nouvelles technologies mobiles pour restés connectés aux actualités, c’est surtout pour diffuser leurs propres contenus.

Les sources d’informations de la génération Y s’avèrent plutôt conventionnelles. Le tiers (65%) des jeunes va d’abord aller chercher leurs informations via la télévision, avant de se tourner vers le Web (59%). La presse écrite récolte près du quart des réponses (24%), tandis que la radio (18%) et les autres sources (4%) ferment la marche. Fait surprenant, Yahoo s’avère la source principale de l’info sur le Web (20%), devançant CNN (18%) et Google (10%).

5 – Le mobile et les médias sociaux comme canaux de diffusion

C’est surtout dans l’utilisation des médias sociaux que les chiffres révèlent le mieux toute l’importance qu’occupent les nouvelles technologies dans la vie des enfants du millénaire. Pour eux, davantage qu’une source d’informations, les réseaux sociaux s’avèrent une extension d’eux-mêmes, un canal d’expression et de communication incontournable.

Le quart y viennent au moins une fois par semaine, et plus de 75% y reviennent au moins une fois par jour.  Trois jeunes sur quatre de la génération Y utilisent leur appareil mobile pour animer leur profil social, tandis que près du deux-tiers (62%) se contentent de surfer sur le Net. Un jeune sur cinq (20%) va diffuser ses vidéos favoris, tandis que 14% vont  tweeter.

Finalement, la propension généralisée des jeunes de la Net Generation pour le texto révèle aussi une insouciance inquiétante. Tandis que près de 90% (88%) des jeunes interrogés ont déclarés s’y adonner régulièrement, dont plus de 80% durant les derniers 24 heures, près du 2/3 (64%) ont aussi avoués, sans ambages, avoir textés pendant qu’ils conduisaient.

Des études concluantes?

Même si les statistiques révélées dans l’infographie de FlowTown demeurent encore trop sommaires pour être concluantes, elles permettent de dresser un portait-type de la génération Y. Ces données rejoignent d’ailleurs sensiblement celles des autres études (Cisco, JiWire) citées dans les chroniques précédentes (lire aussi Génération C : le paradoxe des enfants du millénaire). Chacune nous aide à mieux comprendre ce qui anime et motive les jeunes, et réduire ainsi la fracture générationnelle qui nous sépare encore.

Cependant, il faudra beaucoup plus que des analyses pour y arriver. On devra d’abord cesser de se braquer devant leur rebellion, et se tourner définitivement vers eux pour entreprendre à nouveau la conversation.

Qu’en pensez-vous ? Exprimez et partagez votre opinion sur le sujet.  

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Raymond Morin

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Auteur et blogueur, Raymond Morin a publié deux livres...

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