Raymond Morin

Le choc des générations

Par Raymond Morin, le 29 septembre 2011
Le choc des générations

Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’humanité est entrainée dans une profonde mutation technologique et sociologique. Quarante ans plus tard, l’utilisateur d’Internet se retrouve plus que jamais au centre de cette importante révolution sociale.

À travers le maelstrom de l’ère numérique, le choc des générations soulève des vagues de fond qui touchent tous les secteurs de l’économie mondiale. Des aînés de la génération silencieuse (1929-1944) aux baby-boomers de l’après-guerre (1945-1961), jusqu’aux générations X (1962-1978) et Y (1979-1994), chaque nouvelle génération fut porteuse de changements majeurs qui ont modifié le cours de la société moderne.

Avec l’arrivée des premiers natifs numériques (1995-2010) sur le marché du travail, les entreprises se voient contraintes de changer leurs méthodes de travail et de collaboration. L’utilisateur, qui tient un rôle toujours plus déterminant dans la révolution des médias sociaux et des technologies mobiles, impose une révision en profondeur des approches de vente et de marketing.

Pour réussir, l’entrepreneur 2.0 devra adopter une nouvelle attitude pour se rapprocher de sa nouvelle clientèle. Pour rétablir la communication, il devra faire preuve d’ouverture, de réceptivité et de support auprès des nouveaux utilisateurs des médias sociaux, de 12 à 65 ans. Ceux qu’on regroupe désormais sous le nom de Génération C.

La Génération C : au cœur d’un nouveau pouvoir économique

En 2004, devant l’importance des contenus générés et diffusés par les utilisateurs à travers les médias sociaux, le magazine Trendwatching scrutait les comportements des internautes dans un premier dossier : «Génération C». On cherchait alors à démontrer comment le nouvel utilisateur du Web, de 12 à 65 ans, influence les marques.

Propulsé par les réseaux sociaux et les applications du Web mobile, il contrôle désormais les contenus qu’il consulte et choisit de diffuser. Il affiche ses préférences, et s’affirme à la fois comme consommateur et critique. En s’octroyant le double-rôle d’acteur et de consommateur, l’utilisateur devient un consomm’acteur déterminant, capable d’influencer son réseau. Ce qui le rend d’autant plus redoutable pour les entreprises et les organisations.

En 2010, les statistiques révélaient que plus de 75% des consommateurs se fient désormais aux recommandations de leurs pairs avant d’acheter un produit ou un service. Les dirigeants ne peuvent plus continuer de faire la sourde oreille aux nouvelles générations d’utilisateurs d’Internet. La Génération C se trouve déjà au cœur d’un nouveau pouvoir économique qui risque sinon de leur échapper.

La sociologie générationnelle : une notion qui évolue avec le temps

Au début du siècle dernier, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que les générations se renouvèlent à chaque période de 16 à 18 ans, soit le temps nécessaire pour assurer une descendance. Il relevait notamment le fait que les grands changements sociaux qui caractérisent les générations s’inscrivent aussi durant cet intervalle.

Ce n’est toutefois qu’à la fin des années 80 que cette notion a vraiment évolué avec la parution du livre «Sociologie des générations, l’empreinte du temps». Dans son ouvrage, la française Claudine Attias-Donfut avançait alors que la sociologie générationnelle ne correspondait déjà plus à la complexité de notre société en constante évolution. Qu’il fallait donc s’attarder davantage aux comportements qui caractérisent les nouvelles générations.

En 2010, alors que naissent les premiers bébés de la nouvelle génération ALPHA, la fracture générationnelle ne cesse pourtant de s’élargir. Aujourd’hui, les femmes reportent leur premier bébé toujours plus tard (29,6 ans en moyenne), et les nouvelles familles ne se forment plus que dans la trentaine. Aussi, lorsque ces nouveaux enfants ALPHA traverseront l’adolescence, leurs parents feront leur entrée dans l’âge d’or.

Les entreprises et les organisations devront vite réagir et s’adapter aux paradigmes des nouvelles générations, avant que l’écart qui les divise n’augmente davantage. Pour reprendre le dialogue, ils devront cependant adopter une nouvelle approche. Démontrer une plus grande ouverture d’esprit et de réceptivité face à leurs initiatives, et leur fournir tout le support nécessaire pour qu’ils s’accomplissent à travers leur travail.

Ouverture, Réceptivité et Support, les trois nouveaux mots-clés à retenir pour l’entrepreneur 2.0? Qu’en pensez-vous? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur la Génération C.

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Auteur et blogueur, Raymond Morin a publié deux livres...

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