Nabil Thalmann

Démocratiser la musique classique, la mission de la Folle Journée de Nantes

Par Nabil Thalmann, le 6 février 2012
Démocratiser la musique classique, la mission de la Folle Journée de Nantes

La 18e édition du célèbre festival de musique classique s’est ouverte à Nantes le 1er février pour 5 jours. Cette année, la Folle Journée c’est plus de 300 manifestations dans 2 lieux prestigieux : la Cité des Congrès et grande première cette année, le Lieu unique (l’ex-usine LU transformée depuis 2000 en une scène où se mêle théâtre, cirque, danse, musiques, expositions, art culinaire, littérature, philosophie, architecture…).

L’accessibilité de la musique à tous implique bien sûr des tarifs attractifs. Les premiers billets commencent à 7 euros et certains concerts de même que certaines manifestations pour enfants sont même gratuits. Mais pas uniquement. L’ambition de s’ouvrir au plus grand nombre passe aussi par le parti pris de faire durer chaque concert 45 minutes seulement et par un agencement des salles qui permet aux spectateurs de circuler librement d’une pièce à l’autre. Autant dire qu’il est facile de multiplier les expériences musicales, d’autant plus que les salles ont une acoustique adaptée à chacun des genres musicaux.

Si le succès est grandissant, c’est sûrement grâce aux prix attractifs et aux lieux parfois surprenants. C’est notamment le cas pour les concerts qui ont lieu à la Cité des Congrès dans le hall d’entrée où une scène éphémère est installée.

Un mélange de concerts, d’expositions et de conférences

La première édition en 1995 avait réuni 18 000 visiteurs, 85 000 en 2001, 100 000 en 2003… et plus de 130 000 l’année dernière. Cette année à la veille du premier jour, les ventes comptabilisaient 140 000 billets. Un succès populaire qui ne se dément pas et qui ravit la directrice de la Folle Journée, Michèle Guillossou, pour qui cette manifestation « doit permettre d’ouvrir la musique classique, la décloisonner, la démythifier ».

Mais ne nous y trompons pas. Si la Folle Journée est devenue un événement populaire, c’est parce qu’elle repose néanmoins sur des bases artistiques exigeantes. Ainsi, cette 18e édition a pour thème « Le Sacre russe », vaste panorama de la musique russe de 1850 à nos jours regroupant Tchaïkovsky, Rimski-Korsakov, Rachmaninov, Stravinsky, Prokofiev… Des grands noms qui seront présentés par 1800 artistes, notamment des historiens et conteurs. En effet, le succès de ce festival se trouve également dans le fait qu’il ne s’agit pas uniquement de concerts. Des expositions et des conférences prennent également place lors du festival où des conteurs partagent avec les auditeurs les confidences des compositeurs de l’époque et les entraînent dans les coulisses de l’Histoire.

Enfin, il est important de noter qu’en termes de promotion tous les partenaires de l’événement ont été très actifs. Hôteliers, restaurateurs, transporteurs, commerçants assurent une communication efficace en amont de la Folle Journée. Ce qui a été imaginé comme un pari artistique, motivé par l’enthousiasme de René Martin responsable de la programmation artistique, est devenu aujourd’hui un réel projet porté par l’ensemble d’un territoire qui bénéficie en retour d’un impact d’image positif.

 

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Directeur d'études mais aussi animateur online, spéci...

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