De l’illégalité du référencement naturel

Depuis le temps que l’on parle de la mort du référencement naturel dès que Google bouge une oreille et qu’on le voit survivre, on pouvait se dire qu’il était immortel.

Mais non, le jugement de la cour d’appel de Douai pourrait donner l’idée à certaines entreprises de tuer le référencement naturel de leurs concurrents.

Cette cour d’appel a en effet jugé que l’utilisation du netlinking s’apparentait à de la concurrence déloyale. Une technique destinée à faire parler de son site et lui amener des visiteurs au travers de sites annexes. Celle-ci influence aussi le classement des sites web sur Google.

En ce sens, le juge a considéré que la mise en œuvre de sites satellites au site principal constituait une action empêchant l’un de ses concurrents d’être normalement visité à partir des moteurs de recherche Yahoo, Bing, Google, voilà, Lycos, Altavista, AOL, etc.

Une vision très restrictive du fonctionnement des moteurs de recherche

En effet, les différents moteurs de recherche ne communiquent que de manière très succincte sur la méthodologie qu’ils emploient pour classer les sites dans leurs résultats.

Si les liens qui pointent vers un site font indéniablement partie de ces critères pris en compte pour Google, c’est très loin d’être le seul. Pour preuve, certains sites se positionnent d’excellentes manières dans ce moteur en ne pratiquant aucune action de netlinking.

La qualité du contenu, la qualité du codage, le bruit fait autour d’un site dans les réseaux sociaux ont au moins largement autant d’impact que son linking.

En parallèle, tous les moteurs n’utilisent pas le linking comme signal important pour leur classement. Certains favorisent les mots-clés dans le nom de domaine, les mots-clés dans les URL, le contenu ou d’autres critères sans qu’à aucun moment la méthode d’un seul de ces moteurs puisse servir de norme pour le référencement naturel.

Quelle norme a-t-elle été prise en compte ?

À ce jour, le seul moteur diffusant quelques informations concernant les pratiques de netlinking est Google. Pas forcément très claires, les recommandations laissent toutefois entendre que Google menace de déclasser un site qui serait pris à vouloir manipuler son classement de cette manière.

La justice française se baserait-elle sur les recommandations d’un seul moteur de recherche, américain de surcroit, pour condamner le propriétaire d’un site web ?

On sait que Google n’hésite pas à sanctionner les sites qui ne respecteraient pas ses règles, la marque BMW en a déjà fait les frais.
Le propriétaire du site concerné par le jugement  n’avait pas été déclassé par Google, mais la justice française détermine qu’elle se doit d’aller plus loin que les recommandations de ce moteur !

Des points de vue qui divergent

Sylvain Richard, professionnel du référencement, s’étonne de ce jugement de la cour d’appel de Douai dans un article qui donne de nombreux exemples et pose des questions pratiques à la justice française.

Il semble en effet que dans un cas similaire, la cour d’appel de Bruxelles a pris une position radicalement différente, s’interdisant de s’immiscer dans les règles de classement différentes et en constante évolution des moteurs de recherche.

55 replies to this post
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