EmoScale : et si vous pouviez mesurer les émotions de vos cibles marketing ?

A l’heure des analytics tout azimut, une question fait encore aujourd’hui débat, et plus particulièrement en terme de neuromarketing : peut-on mesurer les émotions des cibles finales de ses campagnes marketing et de l’utilisation de ses produits/services ? C’est sur ce terrain que s’aventure la solution EmoScale.

Derrière ce projet quelque peu “futuriste” se cache une start-up toulousaine, ObviousIdea, qui l’a présenté de manière “officielle” lors du dernier Start-up week-end de Montpellier.

Avant de rentrer plus dans les détails de ce projet, nous vous proposons le pitch que Fabrice Meuwissen, fait à l’occasion de ce rendez-vous :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hG3U8S_SAZU[/youtube]

Un casque comme outil de mesure

Pour pouvoir mesurer ces fameuses émotions, il faut équiper les différentes personnes de son panel de test d’un casque, nom de code EEG, censé mesurer l’activité électronique du cerveau. Ce casque ressemble d’ailleurs à ça :

Une fois équipé du casque, chaque membre du panel test regarde sur un support informatique comme un PC ou une tablette, soit une vidéo, soit une présentation commerciale, soit la photo d’un produit, etc… et l’ensemble de ses réactions émotionnelles est analysé par EmoScale, pour fournir aux équipes marketing ou au chef de produit le maximum de données et d’informations possibles.

Grâce à ce logiciel, on devrait donc pouvoir mesurer un ensemble d’émotiond comme la frustration, l’approbation, l’engagement, l’approbation, l’excitation, etc… EmoScale se veut le plus complet possible. Comme l’explique Fabrice Meuwissen, CEO d’ObviousIdea :

Que répondez-vous au serveur du restaurant quand il vous demande comment était le repas ? Souvent vous répondez oui par reflexe, car vous n’avez juste pas envie de vous mettre le serveur à dos, cela consomme trop d’énergie dans votre cerveau et cela ne vous concerne pas assez pour partager votre ressenti, c’est ce qu’on appelle prendre le chemin du moindre effort. Si vous demandez à quelqu’un ce qu’il pense, vous n’avez jamais une réponse fiable.

La promesse d’EmoScale est d’ailleurs assez simple : grâce à l’ensemble de ces analytics “émotionnelles”, vous serez capable d’ajuster au mieux votre stratégie marketing et de communication pour le lancement d’un produit, d’un service, pour qualifier au mieux votre image de marque, etc… C’est d’ailleurs en partie aussi la promesse des stratégies et des services basés sur le neuromarketing.

De plus, EmoScale est loin d’être un projet sortie d’un bon livre de science-fiction marketing. Une équipe est déjà au travail, et le projet toujours en bêta, avance régulièrement. Avec Fabrice Meuwissen, on retrouve des personnes issues du cursus d’Epitech Toulouse comme Yann Piquet, et durant le start-up week-end de Montpellier, une équipe de 7 personnes s’est structurée durant tout le week-end pour formaliser en plus du logiciel le business modèle et la partie marketing.

Mesurer les émotions : une chimère ?

Si, sur le papier, le projet à de quoi être séduisant, il ne faut néanmoins pas ignorer tout le débat entre pros et anti neuromarketing. Au niveau de la solution d’EmoScale, une question vient à se poser : ces mesures sont-elles fiables ? Ou, pour être plus précis, si elles sont mesurables, quel est leur degré de fiabilité ?

En effet, force est de constater, au risque de déplaire à certains, que la mesure des émotions n’est pas vraiment une science aussi exacte que ce que l’on voudrait bien nous faire croire.

En effet, il y a tellement de paramètres annexes qui rentrent en compte au moment de la naissance d’une émotion à un instant T que, par exemple, si on pouvait revivre deux fois la même situation avec un déroulement antérieur avant cet instant T, nous ne sommes pas sûr de générer la même émotion. Pour paraître moins alambiqué, voici un exemple :

J’ai passé un très mauvaise journée. Mon patron m’a mis la pression sur un projet, mon fils ou ma fille vient de se faire renvoyer de l’école et mon mari/femme vient de me tromper. A la fin de journée, je dois donner mon “avis émotionnel” lors d’un phase de test avec EmoScale sur un produit donné. Supposons que si en temps normal ma journée avait été parfaite j’aurais été réceptif à ce produit, mais que dans ce cas mes émotions soient plutôt négatives suite à cette journée : quelle fiabilité donc donner aux résultats d’EmoScale ?

Le neuromarketing étant un sujet très complexe, il est convenu que c’est exemple est donner en guise de démonstration générale, et peu paraître “simpliste” face au sujet. Néanmoins, il reflète une des limites que pourraient rencontrer EmoScale dans le traitement des données. Une parmi d’autres, nous en convenons.

La solution étant encore en bêta, comme rappelé plus haut, attendons donc le lancement officiel de ce logiciel et les premiers retours utilisateurs pour juger sur pièce d’une telle solution.

De ce fait, et à fin d’enrichir cet article, que pensez-vous d’une telle solution ? Que pensez-vous d’ailleurs de l’angle pris par le Neuromarketing en général ?

Crédits photos : EmoScale

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