Facebook : clichés, rumeurs et idées reçues

Voici donc le quatrième volet du dossier “interblogs” lancé par Flavien Chantrel, Anne-Laure Raffestin et François Combes, et consacré aux idées reçues sur le web. Vous pouvez retrouver le 1er numéro : les idées reçues sur le recrutement 2.0 sur le blog du modérateur, le second numéro : Community managers : entre idées reçues et méconnaissance et le troisième numéro : Twitter, entre idées reçues et peur de l’inconnu.

Après ces trois numéros, il est donc temps de s’intéresser à Facebook. Vous vous doutez que le succès du plus célèbre des réseaux sociaux entraîne nécessairement son lot de clichés et d’idées reçues. Loin sans doute d’être exhaustif, parcourons-en certains :

Facebook va devenir payant.

La rumeur sans doute la plus persistante, et qui revient assez périodiquement, lancée par des concurrents mal attentionnés parfois, basée sur des hoax souvent ou reposant juste sur des craintes. Il est difficile pour certains de croire que Facebook restera à jamais sur un modèle gratuit d’accession à sa plateforme. Cette rumeur a toujours été démentie férocement par Facebook, qui sait que le “gratuit” est l’élément facilitateur d’adhésion et de fidélisation, et que donc passer au payant serait une erreur stratégique. D’ailleurs n’est-il pas indiqué sur la page d’identification de Facebook : “C’est gratuit (et ça le restera toujours)” ?

Facebook est gratuit.

Concomitante à l’idée précédente, il serait tout aussi faux de croire que Facebook est totalement gratuit. C’est juste l’utilisateur grand public qui bénéficie de la partie gratuite. De l’autre côté, les pubs Facebook pour promouvoir sa fan page ou la monnaie Facebook sont autant d’exemples de monétisation de la plateforme.

Communiquer pour une marque sur Facebook est simple et rapide .

S’il est simple et gratuit de créer une Fan Page, l’investissement en équipe et en termes de budgets communication sont moins simples que ce qu’il pourrait paraître. Bien au contraire, la communication sur Facebook dépend d’une vraie stratégie, parfois externalisée en agence de communication, et des moyens humains que l’on veut vraiment mettre en place, comme le community manager.

Facebook est un réseau social uniquement pour les ados et le grand public.

Même si cela peut vous paraître aberrant encore aujourd’hui, on s’aperçoit que certains croient encore que sur Facebook on ne retrouve que des commentaires d’adolescents ou bien des récits de soirées étudiantes.

Il suffit de voir encore comment dans certaines grandes entreprises la stratégie sur Facebook est encore très mal comprise et mal vue de certains dirigeants, et cela malgré la présence active de plus en plus de marques, pour s’apercevoir que cette idée reçue à encore de beaux jours devant elle.

Facebook n’a aucune utilité professionnelle.

Les échecs relatifs de bon nombre de tentatives comme Beknown ou Branchout tendent à prouver que Facebook n’est pas adapté à la culture professionnelle, au contraire de LinkedIn et consorts. Il ne faut néanmoins pas oublier que Facebook a quand même et malgré tout une place dans votre identité professionnelle, notamment dans les mécanismes d’e-reputation et d’image de marque personnelle. Il peut aussi être utilisé pour réseauter, les frontières entre les différentes sphères (privées et professionnelles) étant de plus en plus floues.

Une marque doit avoir obligatoirement sa Fan Page

Une autre idée reçue d’un point de vue cette fois-ci de la communication, c’est que les marques doivent être présentes obligatoirement sur le plus grand réseau social mondial. Véhiculée par certains magiciens freelance du web 2.0 et quelques agences, cette approche n’est pas exacte. En effet, sans véritable stratégie, ou domaine de communication adaptés à ce format social, il est dangereux pour une marque ou une entreprise de s’aventurer sur Facebook, sous peine de bad buzz.

Une Fan Page réussie est une page avec beaucoup de fans ou de likers.

La course aux fans, ou confondre la quantité et la qualité, est une erreur stratégique. En effet, une Page Fan à 200 fans peut être plus créative et engager mieux sa communauté qu’une page à 300 000 fans. D’ailleurs, au passage, certains “likers” tombent sur votre page par hasard, deviennent fans, et ne reviennent plus jamais dessus. Quel intérêt ?

Il faut publier souvent et beaucoup sur Facebook.

Là encore, il s’agit d’une idée reçue pour de nombreuses entreprises et de nombreux community managers qui confondent l’überinformation et la bonne information. Noyer ses fans dans du contenu, souvent sans importance ou secondaire, privilégier la surdose d’information à l’engagement : autant d’erreurs souvent encore commises sur Facebook.

Publier une info sur Facebook la rend virale.

Publier une information sur Facebook, c’est comme publier une information sur son blog ou sur sur son site. Ce n’est pas parce qu’elle est en ligne que le gens vont y accéder. Le plus dur quand on publie du contenu, c’est de le rendre visible, sur Facebook comme ailleurs. Certes, les ingrédients d’une bonne viralité (like, partage) sont présents mais encore faut-il lancer la machine, faire venir son public et l’intéresser. La seule présence sur Facebook ne garantit rien.

Baser toute sa stratégie de contenu sur Facebook est une bonne idée.

Facebook ne vous appartient pas. Le contenu que vous y publiez non plus. Vous êtes tributaire du bon-vouloir du site, de ses conditions d’utilisation et de ses futurs changements. En ne maîtrisant pas le contenant, vous vous exposez à voir disparaître votre contenu…  Facebook peut être utile à de nombreux niveaux (échanges, relais, feedbacks), mais baser sa stratégie de contenus uniquement sur ce réseau social est une erreur. D’autant que vos articles seront bien mieux référencés sur une autre plateforme…

Tout le monde est sur Facebook.

Facebook vient de dépasser les 800 millions de membres dans le monde, les 25 millions en France. C’est énorme ! Mais ne pensez pas que tout le monde est inscrit. Les réfractaires sont encore nombreux, les inactifs et les blasés qui se désinscrivent aussi. Avoir Facebook comme seul canal de communication, c’est donc se couper d’une partie de son public.

Vos fans voient tous vos updates.

Vous avez 3000 fans ? Magnifique. Vous pensez avoir 3000 lecteurs ? Énorme erreur ! Les fans d’une page ne voient pas nécessairement toutes vos mises à jour. Un algorithme, le Edge Rank, permet à Facebook de n’exposer qu’une partie des contenus auprès des utilisateurs en fonction de leurs intérêts et de leurs interactions. Si vos fans sont inscrits à de nombreuses pages et ont beaucoup d’amis, il y a ainsi des chances qu’ils ne voient aucun de vos contenus. D’où la nécessité de les engager dans les conversations…

Sur Facebook, il faut publier du contenu “léger”.

Il serait tentant de penser que puisque l’on est sur Facebook, il faut publier du contenu drôle ou léger. On imagine que c’est ce que les gens recherchent, et donc que cela attirera des fans sur votre page. Si, effectivement, on peut se permettre un petit peu plus qu’ailleurs une certaine liberté de ton, il ne s’agit pas d’écrire tout et n’importe quoi. L’intérêt est tout de même que votre page reflète vos activités, et pas qu’elle se transforme en livre de blagues géant !

Loin d’être exhaustive, n’hésitez pas à l’enrichir en commentaire.

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