Facebook perd-il vraiment des utilisateurs ?

La nouvelle a été révélée par le site spécialisé Inside Facebook il y a une semaine : le réseau social de Marc Zuckerberg, qui affichait jusque-là une insolente croissance, aurait perdu des utilisateurs ! Au-delà de l’effet d’annonce, l’article d’Inside Facebook met en lumière un curieux paradoxe : Facebook perd des utilisateurs… mais semble plus que jamais bien parti pour atteindre sous peu l’impressionnante barre des 700 millions d’utilisateurs actifs dans le monde. La nuance ? Une croissance qui se maintient dans les pays «en retard» dans l’adoption du réseau social et un essoufflement dans les pays «matures», avec en tête les Etats-Unis.

Dans l’article en question, daté du 12 juin, Inside Facebook avance les chiffres suivants : en juin, Facebook a atteint 687 millions d’utilisateurs, en ayant gagné 13,9 millions de plus en avril et 11,8 millions en mai… mais le réseau en avait gagné jusque-là 20 millions par mois sur l’année écoulée.

Autre signe d’inquiétude, la perte, rien qu’aux Etats-Unis, de près de 6 millions d’utilisateurs dans le courant du mois de mai, 1,52 million en moins au Canada, quelque 100 000 au Royaume-Uni ou encore en Norvège… Ce déclin s’explique, toujours selon Inside Facebook, par le fait (déjà vérifié), que si la moitié de la population d’un pays est sur Facebook, la croissance ralentit.

Le début de la fin ? Pas selon Facebook, qui dès le lendemain conteste les chiffres et explique par le biais d’un communiqué : «nous voyons de temps en temps apparaître des histoires à propos de la perte d’utilisateurs de Facebook dans certaines régions». Et d’expliquer d’où vient l’erreur : «certains de ces propos se fondent sur les données issues de notre outil publicitaire, lequel fournit des estimations de la portée des publicités Facebook ads et qui n’est pas destiné à être une source de mesure de la croissance de Facebook.» Avant de conclure avec conviction : «nous sommes très satisfaits de notre croissance»… «plus de 50% de nos utilisateurs se connectent chaque jour».

Alors, erreur ? Le 13 juin, Inside Facebook répond à son tour, publiant un article cette fois bien moins catégorique (dont le titre pourrait être traduit ainsi : «les données disponibles montrent un nombre d’utilisateurs de Facebook en rapide croissance, ou en croissante lente, ou en chute»… !) Se basant sur une comparaison entre plusieurs outils, l’article démontre que selon les sources, les données ne sont pas les mêmes… et conclut en affirmant que les outils de mesure sont techniquement différents ou qu’ils peuvent être touchés par des bugs, en un mot (mais l’article ne l’affirme pas en ces termes), qu’ils ne sauraient être considérés chacun comme strictement fiables et représentatifs.

Deux jours plus tard, Inside Facebook publie un ultime éclairage (pour le moment), qui cette fois témoigne… d’une croissance de Facebook aux Etats-Unis en mai ! Trois services de mesure différents (Nielsen, Compete et ComScore) sont cette fois d’accord sur la tendance, mais présentent des chiffres différents. L’article termine sur un propos que le site aurait peut-être dû tenir quelques jours avant, précisant que de telles tendances sur le court terme ne sauraient justifier des conclusions trop hâtives.

Difficile, quoiqu’il en soit, de répondre à la question posée. Facebook ne publie que rarement sur ses statistiques (les derniers chiffres officiels lui attribuent… 500 millions d’utilisateurs, soit un nombre qui correspond à juillet 2010 !) et les différents outils et services de mesure donnent, on l’aura compris, des tendances parfois contradictoires. Ces chiffres n’empêchent en tout cas pas Facebook d’afficher une santé flamboyante. Alors qu’on parlait, il y a quelques mois, d’une entrée en bourse du réseau social sur la base d’une valorisation à 50 milliards de dollars, on parle de plus en plus ces jours-ci, d’une valorisation boursière plus proche des 100 milliards de dollars (!), pour une entrée en bourse prévue début 2012. Nous verrons d’ici là si les analystes se penchent sur les chiffres pour recommander l’achat du titre…

Sources : Inside Facebook, Guardian.co.uk, Le Nouvel Observateur.

5 replies to this post
  1. On est bien d’accord et on arrive aux mêmes conclusions : http://www.clauer.fr/2011/06/facebook-serait-en-perte-de-vitesse-aux-us/

    Maintenant, avec une pénétration de Facebook qui atteint les 65% des internautes aux USA (source : http://www.socialbakers.com/facebook-statistics/united-states) il est clair que le nombre d’utilisateurs va prochainement atteindre un plateau (asymtote pour les matheux). Dans ce contexte, il serait sain que Facebook habitue les analystes et les marketeux à s’intéresser à d’autres métriques que simplement la taille de la population des membres, comme par exemple du temps passé (en distinguant les jeux, et le reste soit dit au passage ;)) ou encore comme l’activité des membres en termes de nombre de connexions avec des contacts, de likes sur des pages de marques et de produits, ou encore tout type d’activité généralement rangées sous le nom d'”engagement”.

    A suivre…

  2. Ce sera toujours difficile d’avoir les chiffres exacts surtout avant l’IPO.On ne sait jamais, Facebook risquerait de se retrouver avec une valorisation de 90 milliards au lieu de 100….

  3. C’est sûrement là leur tort, de laisser croire que tout repose sur un nombre d’utilisateurs. D’ailleurs, ce n’est pas lié qu’à Facebook. Peut-être que l’éclatement du 2e bulle permettra aux analystes de regarder un peu plus loin 😉

  4. la relation compulsive que nous avons avec internet, je consulte, je prends, je m’informe et puis je zappe s’appliquera elle aussi avec facebook. “L’effet de mode” est vraisemblablement sur le déclin pour ce réseau social. Utilisateur modéré, je note moi aussi un sérieux recul de nombre de parutions “amicales” et de connexions. Je ressent aussi une certaine lassitude et un coté moins fun qu’avant ( par forcément justifié).

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