Friday Write : Mais qui nous a pondu ce #mot-dièse ?

Comme il y a le “Friday Wear”, chez Locita il y a le “Friday Write”. Chaque semaine, un journaliste de la rédaction sachant garder sa tenue toute la semaine, se lâche le vendredi.

Ô Jean-Michel Twittosse, inventeur de Twitter…tu dois te retourner dans ta tombe !

Cette semaine, le Journal Officiel de la République du 23 janvier a très officiellement annoncé en sa page 1515 que désormais, il ne faudrait plus employer le mot “hashtag” mais le remplacer par le mot “mot-dièse” dont voici la définition:

 « Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage. »

Sérieusement ?

En effet, chaque année, on voit poindre de nouveaux mots ou « néologismes » qui s’imposent dans la langue française. Et ça ne plaît pas à tout le monde.

Un ancien ministre de la culture, Jacques Toubon, a donc créé, en 1996, la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France. Elle anime et coordonne les travaux de la Commission Générale de Terminologie et de Néologie, elle-même, émanation de chaque Commission spécialisée de Terminologie et de Néologie présente dans chaque ministère (mais non, ce n’est pas compliqué !).

Cette Délégation n’a pour but et unique travail que de “franciser” les mots qui oseraient s’introduire dans notre si belle langue sans demander la permission !

Ses nombreuses commissions internes, dont la plus connue est chargée des Nouvelles Technologies, sont chargées de « veiller à l’emploi de la terminologie adéquate et française au sein de ses services ». Elles réfléchissent donc sur les mots à créer pour remplacer les intrus par de bons mots, bien de chez nous. Leurs propositions remontent à la commission générale qui se réunit, tous les deux mois, et décide ou non de l’adoption de ces « nouveaux » mots qui, s’ils sont acceptés, seront publiés au Journal Officiel et employés obligatoirement dans les services d’administration.

Nous devons à cette Délégation, qui travaille en étroit lien avec l’Académie Française, des mots tels que « logiciel » en lieu et place de « software » (pour le coup, celui-là a bien pris !), « courriel » à la place de « e-mail » (je me gausse) et « cédérom » pour remplacer…« CD-ROM » (heu…on en parle, là ?).

Elle peut, parfois, également tomber à côté de son sujet (oui, je sais, je suis taquin !), ce qui fut le cas pour la traduction de « blog » en « bloc-note », de « spamming » en « arrosage » ou encore de « disc-jockey » en « platiniste » (Attention, cuvée 2012… peut-être que cela finira par prendre !)

Le fait est que tout langage évolue avec le temps et les néologismes sont nécessaires à sa survie. Chaque langue se nourrit des autres et de nombreux termes français se retrouvent en anglais, en allemand, et même en belge…

Le français n’est pas une exception à la règle. Le mot « Amen », l’un des plus prononcé en France (et dans le monde), est un mot hébreu. Le terme « leitmotiv» est allemand, un « iguane » est espagnol et un « rugbyman » est anglais. Ils sont pourtant tous dans nos dictionnaires !

Alors même si certains mots sont en « transit » (mot d’origine italienne) dans nos commissions, il est parfois mieux de ne pas en créer des « ersatz » (origine allemande) français.

Mais revenons à notre « teasing »…oops, pardon…notre « aguichage ». Qui de vous remplacera le terme hashtag par « mot-dièse » dans son prochain pitch de communication, sa prochaine conférence NTIC ou ses prochains échanges Twitteresques ?

Commentez, commentez, très chers « Locitos », on veux savoir !!!

 

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