Friday Write : Yield Management et IP Tracking


Parce qu’il y a le “Friday Wear”, chez Locita il y a le “Friday Write”. Chaque semaine, un journaliste de la rédaction sachant garder sa tenue toute la semaine, se lâche le vendredi.

Ceux qui ont la chance d’avoir déjà pris l’avion savent qu’il n’y a rien de mieux, pour trouver son billet à un tarif avantageux, que de parcourir l’Internet (mon père me lit donc je mets un article devant «Internet»). Mais nous ne sommes pas les seuls à le savoir. Les compagnies aériennes aussi en sont conscientes.

Phénomène étrange, lorsqu’on cherche un billet d’avion, les prix ne varient pas de semaines en semaines mais bien d’heures en heures… voire à la minute près.
Bizarre, vous avez dit bizarre, comme c’est bizarre.
Pas tant que ça. En creusant un peu la problématique, on réalise que les sites marchands concernés sont programmés en fonction des habitudes de consommation. Exemple : si vous commandez un billet d’avion à 1h du matin, il y a peu de chance que ce soit dans un cadre professionnel. En revanche, si vous le faites entre 9h et 11h, là, c’est plus probable. Et comme lorsqu’on commande un voyage professionnel, on a moins tendance à être regardant sur le prix, ces derniers sont relativement plus élevés dans ces tranches horaires. Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres paramètres prédéfinis. Cette pratique s’appelle le Yield Management.
Elle comprend également les différentes tarifications en fonction de la période de l’année et du temps qu’il reste avant la date du voyage. Il faut savoir qu’il existe plusieurs dizaines de tarifs sur un même vol, ne serait-ce que sur la classe économique. De même, il y a aussi une comparaison entre les profils de voyageurs. Si vous partez et revenez à la même date que d’autres voyageurs qui ont commandé leurs billets dans les heures ou les jours précédents, le système en tiendra compte et votre billet sera plus élevé. Forcément, par déduction, il y a des chances que vous voyagiez ensemble (hors grands départs), donc vous souhaitez ce vol et pas un autre, même s’il est plus cher.

Les compagnies aériennes ou ferroviaires se défendent d’utiliser ces pratiques à outrance mais c’est un secret de polichinelle. La plupart le font, certaines en abusent. Tout le monde le sait et on ne s’en porte pas moins bien.

En revanche, depuis quelques années, les progrès technologiques aidant, il est une pratique qui se répand et semble moins «fair-play».
N’avez-vous jamais remarqué que lorsque vous faisiez une recherche sur un vol, juste pour préparer un voyage, mais sans nécessairement la volonté d’acheter à ce moment précis, vous trouviez de supers affaires ?
Et, une fois que vous en aviez parlé à votre mari, votre meilleur ami ou votre patron, que vous reveniez à la charge sur le même site, le tarif tant recherché n’était plus là mais un bien plus élevé, sur exactement le même vol, aux mêmes dates et mêmes horaires ?

Diantre, mais kézako ? Où qu’il est mon Paris-Rome à 89 euros ? Pourquoi il est à 109 euros maintenant ?

C’est rageant, non ?

Mais rien n’est dû au hasard. Les compagnies vous répondront que les billets ont été achetés entre temps et, qu’à ce tarif, il n’y a plus de places. On vous dira que la gestion est faite en temps réel. On vous dira qu’il s’agissait d’offres spéciales à durée limitée. Explication valable mais à cinq minutes près, c’est quand même pas de chance.
En réalité, «Big Moustache is watching you». Lorsque vous faites une recherche sur un vol spécifique, votre IP est enregistrée par le système, liée à la destination et aux dates consultées. Cela s’appelle l’«IP Tracking». Lorsque vous revenez, l’ordinateur se souvient de vous et les prix grimpent un peu, pour vous inciter à acheter tout de suite, avant que les prix ne s’enflamment. Et si vous revenez une troisième fois, vous constaterez à nouveau une hausse.
Omerta du côté des vendeurs de voyages qui se défendent de pratiquer de tels stratagèmes. Mais une simple expérience suffit à démontrer que, la plupart du temps, on est berné.
Faites la recherche une première fois d’un ordinateur. Puis, recommencez sur le même ordinateur et, en même temps, d’un ordinateur distant branché sur une IP différente (il suffit d’avoir des amis). Vous aurez des surprises.

Alors certes, il ne s’agit que de quelques euros et nous aurons tous la joie de vivre «Le syndrome du jus de tomate» (auto-promo gratuite vers des écrits gratuits). Mais après la hausse du carburant, des taxes d’aéroports et vu ce qu’on nous sert à bord… cela commence à faire beaucoup, non ?

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