L’avenir de Foursquare est-il vraiment incertain ?

Il y a deux semaines, un article de Techcrunch évoquait l’éventualité d’une possible levée de fonds par Foursquare, portant sa valorisation à 760 millions de dollars. La société serait donc en recherche d’investisseurs. L’article soulignait toutefois l’état de santé morose de la plateforme vis-à-vis notamment de son concurrent direct : Yelp.

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Depuis, de l’encre a coulé entre les annonces de Foursquare et les publications assassines à son encontre. Il en résulte une certaine incertitude. Quoi qu’il en soit, ce doute soulevé quant à l’avenir de Foursquare risque en tout cas de compromettre une éventuelle levée. Alors, quels sont les faits objectifs notables concernant la santé de Foursquare ?

Une question de performance

En juin 2011, des capital-risqueurs dont Spark Capital Partners LLC et Union Squares Venture avaient déjà racheté pour plus de 50 millions de dollars d’actions de Foursquare portant la valorisation du service à 600 millions de dollars. Seulement, les investisseurs semblent aujourd’hui douter de cette nouvelle valorisation et rechignent à poser sur la table entre 50 et 100 autres millions.

La première raison de ce scepticisme réside dans la croissance de Foursquare. Celle-ci ne semble tout simplement pas être à la hauteur. La refonte globale du service en juin dernier n’aurait pas impacté cette courbe de croissance. Mais un deuxième facteur vient troubler l’évaluation des performances de Foursquare : la comparaison systématique avec Yelp.

En effet, le volume d’utilisateur est significativement supérieur chez Yelp qui totalise 83 millions d’utilisateurs contre 25 millions en octobre dernier chez Foursquare. De plus, si Foursquare ne semble pas dégager des revenus suffisants, de son côté Yelp compte encaisser 136 millions de dollars de bénéfices pour cette année 2012.

Par ailleurs, il a fallu trois ans à Foursquare pour dépasser les 20 millions d’utilisateurs alors qu’Instagram, par exemple, a atteint ce chiffre en un an et demi avec des fonds nettement moins importants.

Modèle économique : entre diversification et hésitation

La question du business model est intimement liée à celle de l’usage que les utilisateurs ont du réseau de Dennis Crowley. De plus en plus, il semble y avoir une tension entre un usage passif qui consiste à utiliser Foursquare comme un moteur de recherche et un usage actif avec le système de check-in.

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C’est justement vers un usage plus passif destiné à des gens qui ne créent pas de contenu (soit 95% des utilisateurs) que devrait se tourner Foursquare selon certains investisseurs. La question est : peut-on espérer un déversement significatif des utilisateurs de Google, Facebook ou Yelp vers Foursquare ? Dennis Crowley a-t-il  le potentiel pour bouleverser leurs habitudes de consommation ? N’est-il pas déjà trop tard pour Foursquare ?

En effet, comme le souligne Patrick J. Sweeney II, CEO de DwinQ, dans Forbes, Foursquare, dont le système de check-in n’est plus un avantage concurrentiel, peine à être un service disruptif : Facebook, Google et Yelp intègrent désormais cette fonction. Malheureusement, toujours selon lui, la décision de lancer Foursquare Explore et le service de couponing est arrivée un peu tard.

En parallèle, Foursquare a pris le parti de délivrer des social ads aux utilisateurs venant réaliser un check-in. Cet autre modèle est également sujet à débat puisque son efficacité est largement remise en cause. C’est d’ailleurs ce qui a poussé Facebook à se tourner vers d’autres formules publicitaires comme les Sponsored Stories.

Des pistes de croissance pourtant évidentes

Malgré toutes les critiques énoncées à droite et à gauche dans la presse spécialisée, on peut toutefois dégager des éléments positifs pour Foursquare :

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-20 % des utilisateurs qui cherchent un endroit sur Foursquare Explore finissent par faire un check-in à cet endroit dans les 72h.
-Foursquare a déployé ses Promoted Updates dans Foursquare Explore en partenariat avec 25 marques.
-Explore totalise désormais 1 million de reviews.
-Foursquare aurait plus d’utilisateurs actifs par jour que Yelp, soit plus de 7,2 millions de mobinautes.
-Si l’adoption du service stagne aux US, les marchés brésiliens et turcs sont en revanche prometteurs.

Au final, si les investisseurs semblent suspicieux vis-à-vis de la viabilité de Foursquare, notamment en comparaison avec Yelp, les nouvelles fonctionnalités et l’ouverture à des marchés émergents vont probablement emmener le service sur le terrain de l’endorsement géographique. Les résultats seront-ils à la hauteur ? Est-ce le bon chemin vers un modèle économique adéquat ?

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