Le Code des curateurs : un code d’honneur pour les utilisateurs

Le code des curateurs de Maria Popova et Tina Roth Eisenberg

Au début du mois de mars, dans le cadre de l’événement SXSWi à Austin au Texas, la blogueuse américaine Maria Popova (@brainpicker) et Tina Roth Eisenberg (@swissmiss), avec la collaboration de Kelli Anderson, ont présenté un premier Code des curateurs qui revendique une identification des découvertes de contenus, de la même manière que les licences ouvertes de Creative Commons le font pour l’attribution des images.

Malheureusement, ce code des curateurs n’a pas obtenu la couverture médiatique et sociale qu’il aurait pourtant mérité. Un code d’honneur qui devrait interpeller tous les auteurs, blogueurs et curateurs de contenus.

D’un côté, les auteurs et blogueurs déplorent souvent que l’on reprenne des extraits de leurs écrits, ou qu’on relaie leurs blogues sans qu’on en leur attribue la source. Les blogueurs, et par surcroit les blogueurs-invités, se trouvent souvent face au dilemme imposé par la limite des 140 caractères de Twitter, qui empêche souvent de mentionner à la fois le nom de l’auteur et celui de la source (le site-hôte). Il est particulièrement frustrant pour le blogueur qui a parfois travaillé de longues heures à peaufiner son texte de voir un autre blogueur s’en approprier sans mentionner la source, pour en tirer lui-même toute la visibilité.

D’un autre côté, les curateurs de contenus qui ont pour tâche de faire ressortir les meilleurs contenus pour leurs lecteurs, doivent eux aussi conjuguer avec les contraintes du micro-blogging et les outils de publications comme Paper.li ou Scoop.it, qui privilégient aussi plus souvent la source (le site) que l’auteur. Certains curateurs, par souci d’équité, vont alors reformuler le tweet (quitte à parfois tronquer le titre), de manière à pouvoir y inclure le nom de l’auteur (avec/ou sans son nom d’utilisateur Twitter). Une situation que se pose particulièrement dans le cas des infographies relayées via Pinterest. Le mode d’attribution du nouveau site populaire n’est pas encore très clair, et il faut parfois remonter plusieurs échelons avant de dénicher la source originale. Dans ce cas, la tâche d’identifier la source est laissée à la discrétion des curateurs et des utilisateurs.

L’attribution de la source : une question d’équité

Quoiqu’il en soit, l’attribution et la reconnaissance de la source originale reviennent souvent à l’utilisateur. Il s’agit d’une question d’équité envers les auteurs et blogueurs. Voici donc les quelques codes d’honneur proposés par Popova et Anderson. Cependant, pour pouvoir les appliquer de façon systématique, il faudrait aussi apporter quelques changements aux outils de partage de contenus généralement utilisés. En attendant, il revient à l’utilisateur de le faire par lui-même pour en propager l’habitude.

Tout d’abord, pour chaque contenu relayé, la mention de l’auteur devrait apparaître avec la simple mention «par», avec soit le nom de l’auteur (si son nom d’utilisateur Twitter est inconnu ou non-mentionné par la source), ou sinon avec son nom d’utilisateur (@Untel) directement après le titre.

Si le curateur relaie un contenu tel quel, ou qu’il y ajoute un commentaire, il peut choisir d’identifier la source (et non l’auteur, qui devrait toujours être mentionné avec la mention «Par») par la mention «Via», ou par le symbole ᔥ qui indique un lien direct de la découverte, même s’il ne mentionne pas l’auteur. Pour utiliser ce symbole, vous pouvez vous servir de la fonte Euphemia UCACS ou tout simplement copier/coller le symbole et le placer dans sa liste de favoris pour utilisation au moment approprié.

Lorsqu’il s’agit d’un contenu qui en inspire un nouveau (lire un billet ou un commentaire significatif), il convient d’y ajouter un coup de chapeau, ou «Hat Tip», par la mention «HT» ou «ht»), ou par le symbole ↬, qui indique un lien indirect de la découverte, mais une source directe d’inspiration. Pour utiliser le symbole, l’utilisateur peut se servir de la fonte Menlo Regular, ou encore une fois tout simplement copier/coller le symbole dans sa liste de favoris pour utilisation ultérieure.

En attendant que ces symboles soient systématisés, les mentions «via» et «ht» devraient suffire pour respecter le nouveau code des curateurs. En fait, il ne s’agit pas d’imposer une nouvelle réglementation aux utilisateurs. La volonté d’utiliser des codes plutôt que les mentions classiques (via et ht) est de tenter d’implanter ces codes de la même manière que le ™ (pour TradeMarks) ou le © (pour Copyrights).

Le site propose également aux éditeurs Web, différentes solutions pour automatiser l’utilisation des symboles suggérés (bookmarlet).

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Les médias sociaux ; un terreau fertile de contenus à protéger

Comme le mentionne si bien l’auteure, Internet et les médias sociaux représentent un terreau fertile, et immensément riche de contenus, provenant de multiples sources. Les auteurs et blogueurs ont souvent trimé dur pour fournir ces contenus qui font la richesse du Web. Or, pour éviter que ces sources ne se tarissent et cessent d’alimenter le pipeline, un minimum de reconnaissance mérite d’être attribuée. Le nouveau Code des curateurs de Maria Popova et Kelli Anderson est un premier pas dans ce sens.

On s’efforce de le respecter dans les deux sens. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Attribuez-vous toujours le mérite des auteurs et de la source des contenus que vous relayez ?

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