Neil Young : le piratage est la nouvelle radio

Interrogé à la conférence “Dive into Media”, Neil Young a pris une position intéressante. Pour lui, le piratage de musique en ligne n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle radio :

Ca ne me touche pas parce que je vois Internet comme la nouvelle radio. Je considère la radio comme dépassée […] Le piratage est la nouvelle radio. C’est comme ça que la musique est diffusée.

Comparer le partage de fichiers en ligne avec la radio est particulièrement intéressant. En effet, les ayants-droits s’étaient farouchement opposés au développement de la radio dans les années 30. Ils l’accusaient de provoquer une chute de leurs recettes puisque chacun pouvait alors écouter gratuitement de la musique.

Après quelques temps, l’industrie musicale a fini par comprendre que la radio était un moyen incroyable pour faire connaître une œuvre et qu’elle pouvait en tirer des profits considérables. Il y a déjà 80 ans, l’industrie musicale s’était donc opposée à une avancée technologique qui, si d’un côté permettait aux artistes d’êtres entendus par plus de gens, lui demandait d’adapter légèrement son modèle d’affaires. Il est donc intéressant de voir aujourd’hui que l’histoire semble se répéter…

Les bienfaits du partage en ligne

Ceci dit, il faut tout de même noter que de plus en plus de créateurs commencent à voir les bienfaits du partage en ligne. Deux exemples :

Réalisant que le partage de ses œuvres faisait augmenter ses ventes, Paulo Coelho avait décidé il y a quelques années de toutes les mettre en ligne. Il a d’ailleurs récemment pris position contre SOPA en précisant :

Pirates du monde entier, unissez-vous et piratez tout ce que j’ai écrit dans ma carrière !

De même, le créateur de Minecraft avait écrit que, s’il préférait que chacun paie pour son jeu, son piratage représente en fait une énorme occasion de marketing : si un joueur le pirate et l’apprécie, il en parlera probablement à des amis. A ce moment-là, il a alors l’occasion d’essayer de convaincre ses amis de payer pour le jeu, notamment en proposant des options qui ne peuvent pas être disponibles sur une version piratée. Le piratage représente donc pour Minecraft une approche marketing pour toucher un plus grand nombre d’acheteurs potentiels !

Au final, le point de vue de Neil Young met bien en lumière la frilosité de l’industrie musicale à s’adapter à son époque. Dans un billet de 2008, Andrew Dubber avait écrit :

Il y a vingt ans, les musiciens indépendants demandaient désespérément : Comment faire pour diffuser ma musique ? Problème résolu. Maintenant, qu’allez-vous faire ?”

Leave a Reply