Quel avenir pour MySpace ?

Avant Facebook il y avait MySpace. Ancien poids lourd du web, le réseau social né aux Etats-Unis en 2003 n’aura profité quelques années de sa position de leader. Site le plus populaire aux Etats-Unis dès juillet 2006, il connaît depuis 2008 un déclin tel qu’il fait douter de sa pérennité à moyen terme.

A l’origine porté sur les pages «personnelles» d’utilisateurs et de musiciens qui y postaient leurs humeurs photos et autres billets auprès de leurs «friends» (ce pour quoi il est le moins utilisé aujourd’hui), MySpace s’est progressivement érigé comme un acteur majeur de l’industrie musicale. Les pages de groupes (des inconnus underground aux superstars mondiales) furent pendant un temps les principaux vecteurs de leur image sur le web, avec notamment des albums diffusés en avant-première ou des témoignages de la vie des groupes (alors peu présents sur les «vrais» site officiels). Il a également permis l’émergence de talents plébiscités par les internautes, tels que Lily Allen ou les Arctic Monkeys. Le label Myspace Music unissant Myspace aux quatre majors de l’industrie musicale (Sony, Universal, Warner et EMI) scellait à une époque cette toute puissance. C’était avant Twitter…et Facebook.

Une descente inexorable

Racheté en 2005 par News Corp, MySpace a connu une période de grâce accompagnée d’une croissance exponentielle en dépit de quelques polémiques liées à la sécurité des données des utilisateurs. Mais dès avril 2008, l’audience de Facebook dépassait pour la première fois celle de Myspace. Elément d’explication parmi d’autres, la complexe fonction de personnalisation des profils myspace qui nécessitait soit des connaissances en langage html, soit l’utilisation de «générateurs» plus ou moins intuitifs et complexes.

Dès 2008, MySpace introduit pour ses utilisateurs le «Profile 2.0» pourvus de nouvelles fonctions, d’un aspect graphique plus moderne et d’une facilité d’utilisation accrue. En 2010, ce standard est généralisé, la démarche s’avérera contre-productive. A la suite de la mise en place du «nouveau» myspace, les avis négatifs et les départs se multiplient. L’audience du site témoigne de manière évidente des conséquences désastreuses d’une démarche qui avait vocation à sauver le réseau social.

Un rachat comme salut ?

Le 16 juin 2009, face au déclin de l’empire déchu et à la chute logique des revenus publicitaires, Rupert Murdoch annonce la suppression d’un tiers (!) des effectifs de Myspace. En novembre 2010, incapable de rivaliser avec Facebook, le site s’est visiblement fait une raison : Mike Jones, son directeur exécutif annonce que Myspace n’est plus un «réseau social» mais un site dédié au «loisir social».

Malgré cette déclaration d’intention non suivie d’effets bénéfiques, les effectifs sont amputés de 50 % dès le début de l’année 2011. Acheté 580 millions de dollars par Murdoch, le site n’en vaudrait aujourd’hui plus que 80.

A la recherche d’un repreneur, NewsCorp a approché sans succès Vevo, la plateforme  de vidéos musicales commune à YouTube, Sony Music et Universal Music encore indisponible en France. Face à ce refus, certaines sources évoquent une solution alternative : la fusion des 2 plateformes, Vevo et Myspace. Difficile pour l’heure d’imaginer si un site n’avalerait pas l’autre. Si Myspace peut de moins en moins comptersur son audience, il pourrait peut-être doter Vevo, au moins à l’international, de sa notoriété.

Sources : Alexa, Mashable, USA Today, Google Trends, The Telegraph, Reuters.
Illustration par R!obodan.

1 reply to this post
  1. Myspace a été dépassé par Facebook car ce dernier offrait des possibilités de communication et de réseau bien supérieures. En revanche les artistes restaient attachés à myspace grâce à ses possibilités de customisation du profil qui permettaient de présenter son univers de manière bien plus “artistique” que Facebook. L’imposition du profil 2.0 qui a ruiné des heures de travail a signé son arrêt de mort…

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