Rencontre avec les fondateurs de Creads, une agence basée sur le crowdsourcing

Le terme “crowdsourcing”, a été inventé en 2006 par le journaliste Jeff Howe. Le crowdsourcing repose sur le principe de mutualiser les ressources et les compétences d’un grand nombre d’internautes pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé. En utilisant la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes, les sites peuvent alors proposer des produits et services à des coûts très bas.

C’est sur ce principe, que l’agence de communication Creads a été créée avec la volonté de mettre l’intelligence collective au service des marques. En seulement 3 ans d’existance, Creads revendique plus de 1000 clients parmi lesquels AREVA, JCDecaux, Bouygues Télécom & L’Occitane. Creads est la première agence française à placer l’internaute au cœur des dispositifs de communication en organisant chaque jour des concours de création.

Le principe est simple : les marques établissent un brief auprès de Creads, qui relaye le concours sur le site creads.org auprès de sa communauté de créatifs. Les participants déposent leurs créations qui sont soumises au vote des internautes. A la manière d’un brainstorming géant, les annonceurs n’ont alors plus qu’à choisir la création la plus populaire.

Les gagnants des concours sont alors rémunérés en échange de leur participation. Plus de 40 000 internautes participent aux concours lancés par Creads pour aider les marques dans toutes leurs problématiques de communication : création de noms, logos, webdesign, mascottes, documents d’édition, etc.

Interview des fondateurs de Creads

Julien Mechin et Ronan Pelloux, les fondateurs de Creads ont répondu aux questions de Locita.

Locita – Quelles sont les raisons qui vous ont amené à fonder une agence de communication basée sur le crowdsourcing ?

Ronan Pelloux – Avec Julien, nous nous sommes rendus compte de la très grande créativité dont font part les graphistes sur Internet. Malheureusement, cette créativité est peu centralisée et porte sur des sujets improvisés. Nous avons donc voulu rassembler ce savoir-faire et les challenger sur un site dédié : creads.org.

Aujourd’hui, il est possible pour n’importe quel graphiste – professionnel ou amateur – de participer à des projets concrets allant des grands comptes aux créateurs d’entreprises.

Julien Mechin – Nous sommes dans un  monde de conversations et d’interactions où les internautes veulent s’exprimer. L’exemple le plus probant est celui de Wikipédia. Le crowdsourcing s’invite dans tous les domaines : la musique (mymajorcompany), l’édition (Edency), le cinéma (JuntoBoxFilms), le commerce (Crowdstorm)… et bien sûr la communication avec Creads ! Plutôt que d’être effrayés par cette prise de pouvoir, notre idée est de transformer cette manne créative en opportunité !

Locita – Comment se positionne Creads face aux autres acteurs du marché ?

Ronan Pelloux – Le crowdsourcing est un concept encore émergent et peu exploité par les professionnels du marketing et de la communication. Creads est la seule agence en France à surfer sur ce concept innovant. Ce qui fait la différence c’est notre capacité à répondre rapidement à de nombreuses problématiques de communication, de donner accès à une communauté de plus de 40 000 créatifs et d’offrir des solutions virales et participatives. Des plateformes de crowdsourcing existent à l’étranger mais aucune d’elles n’a fait le pari de Creads de miser sur la qualité et la création haut de gamme grâce à son accompagnement complet.

Julien Mechin – Creads ne remplace pas une agence de conseil. Nous apportons une offre  complémentaire : une agence est efficace pour aider le client à trouver son positionnement, pour le conseiller et définir une stratégie globale. Creads est un outil très puissant pour exécuter un brief donné et fournir un maximum de créativité en quelques jours. En travaillant avec des milliers de créatifs nous avons la capacité de gérer les pics d’activités, alors forcément de plus en plus d’agences sous-traitent une partie de leurs budgets.

Locita – En externalisant le savoir-faire de votre agence, ne craignez vous pas de perdre la valeur ajoutée de cette dernière ?

Julien Mechin – La force de notre agence est justement de faire appel (et donc confiance) à la créativité de milliers d’individus. Ce n’est pas sans raison que plus de 1000 clients ont choisi de nous faire confiance en seulement 4 ans d’existence. Nous sommes convaincus que la bonne idée, le bon concept, n’appartient par toujours à la même personne mais qu’au contraire, pour un brief donné, certains vont peut être avoir l’idée qui fera la différence. La valeur ajoutée vient justement de la multiplicité des propositions et notre expertise nous permet de conseiller les clients sur les meilleures décisions à prendre face à cette ultra-créativité. Aujourd’hui, Creads propose les services classiques d’une agence traditionnelle avec un rôle de conseil et d’accompagnement.

Locita – Comment voyez-vous Creads dans 3 ans ?

Ronan Pelloux – Creads évolue vite. Dans 3 ans, nous visons la place de leader sur le marché européen avec des clients grands comptes et de grandes agences. Nous souhaitons faire du crowdsourcing une solution incontournable et évidente pour tous. En effet, le crowdsourcing offre des possibilités infinies pour les marques mais aussi pour les internautes. Nous ne sommes qu’aux prémices d’un phénomène qui ne devrait pas tarder à prendre beaucoup d’ampleur à travers le monde. Nous ciblons aussi une présence sur la scène internationale avec des bureaux dans les pays les plus importants.

Locita – A travers le développement du financement participatif, des banques d’images participatives, et de votre expérience personnelle, quelle est votre vision, à long terme, du crowdsourcing ?

Julien Mechin – Le crowdsourcing est promu à un bel avenir et est déjà annoncé comme “the next big thing”. Sa montée en puissance a  déjà commencé. Récemment, la banque d’images Fotolia a annoncé le rachat d’une plateforme de concours de logo ; Foursquare a abandonné Google Maps au profit d’OpenStreetMap, un site de crowdsourcing de cartes géographiques du monde ; le candidat Nicolas Sarkozy demande à « la foule » de contribuer à l’illustration de son programme politique en envoyant idées et témoignages sur sa page Facebook. Ces exemples prouvent qu’au-delà d’être une tendance, le crowdsourcing relève d’enjeux stratégiques et politiques majeures.

Merci à Julien Mechin et Ronan Pelloux pour leurs réponses.

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