Un collectionneur suisse lègue sa collection d’art chinois à Hong Kong

Le collectionneur d’art Uli Sigg, ancien ambassadeur suisse en Chine, a fait don mardi de la plus grande partie de sa collection de tableaux d’art contemporain chinois à un musée de Hong-Kong. Montant estimé du cadeau : 163 millions de $ (d’après le Wall Street Journal).

Les conservateurs du monde entier salivent depuis longtemps devant la collection de Sigg. En effet ce dernier a commencé à amasser des œuvres d’art avant-gardiste chinoises il y a plus de 30 ans, alors que personne ne s’intéressait à l’art chinois. Faisant de sa collection, une véritable encyclopédie de l’art contemporain venu de Chine.

Sa collection de 2200 pièces contient notamment les premières œuvres d’artistes chinois maintenant mondialement reconnus et  dont les réalisations se vendent plusieurs millions de dollars aux enchères. Dont notamment Zeng Fanzhi, connu pour peindre des hommes portant de façon décalée des costumes de ville et des masques, ainsi que Zhang Xiaogang, que l’on connaît pour ses portraits de famille obsédants.

Uli Sigg a offert 1463 pièces de sa collection au M+ Museum. Un musée de la culture visuelle érigé dans le quartier culturel de Hong Kong.

Le musée, qui devrait ouvrir en 2017, a aussi consenti à payer 22.7 millions de $ pour 47 œuvres supplémentaires de la collection de M. Sigg, une combinaison vente/cadeau censée souligner l’engagement du musée à cette fabuleuse collection.

A terme, le musée de Hong Kong devrait avoir la taille du Musée d’art moderne de New York et présentera l’ensemble des arts, de l’architecture et du design de Hong Kong, de Chine et plus largement d’Asie datant des années 60 et avant.

La collection de Sigg concernera essentiellement l’art créé dans la Chine continentale depuis 1979, année où certains artistes ont pu pour la première fois, rejoindre des écoles d’art après la Révolution culturelle de 1959. Parmi ces œuvres, il faut souligner la présence de “Chain”, une sculpture en bois d’un homme étranglé, datant de 1979, réalisée par Wang Keping. Mais aussi “Liberty Leading the People”, tableau de Yue Minjun, réalisé en 1995.

Parmi les dons, figure un groupe de 132 vases néolithiques de Ai Weiwei, réalisées entre 1995 et 2000. L’art de M. Ai est une des raisons pour lesquelles M. Sigg a préféré donner sa collection à un musée de Hong-Kong plutôt qu’à une institution de la Chine continentale comme il l’avait déjà promis. En effet M. Ai a été arrêté par les autorités chinoises en avril 2011 et libéré presque trois mois plus tard à la condition qu’il paye 2 millions de $ d’arriérés impôts prétendument dus. Il a aussi reçu  l’interdiction de voyager et publier sur Twitter pendant 1 an. Depuis il a contesté cette dette et twitté régulièrement.

Devant ce manque de liberté d’expression, Sigg a pensé que certaines des œuvres de sa collection auraient pu être censurées ou détruites s’il les avait confiées à un musée chinois. Il craignait aussi pour la conservation de ces œuvres d’art en Chine, dont certaines sont faites de matériaux très fragiles.

Les pourparlers entre M. Sigg et le Musée M + de Hong Kong ont commencé il y a 2 ans et le directeur du musée, Lars Nittve, l’a assuré du catalogage complet des œuvres et de leur bonne conservation. M Sigg espère ainsi, avec ce don de confiance, que Hong Kong deviendra un centre mondial d’art, au même titre que Londres ou New York. Hong Kong est surtout connue pour le courant Art HK et de nombreuses nouvelles galeries mais avec le Musée M+, la ville pourrait devenir un rassemblement de chefs-d’œuvre.

Yu Youhan, ‘Chairman Mao in Discussion with The Peasants of Shaoshan,’ 1999 (oil on canvas, 200 x 150 cm)

Liu Wei, ‘Landscape,’ 1998 (oil on canvas, 200 x 120 cm)

Crédits photos: artinfo

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