Yayoi Kusama à la Tate Modern de Londres

L’artiste japonaise Yayoi Kusama s’expose à Londres.

Un souvenir d’enfance fonde la légende de Yayoi Kusama et associe le commencement de sa vie d’artiste à une hallucination, une inquiétante étrangeté qui s’est manifestée autour de la table familiale : les fleurs rouges de la nappe se multiplient sur le plafond, les murs, le sol, sur elle-même. Âme sans corps, l’artiste fait de son insupportable auto-anéantissement (Self-Obliteration) le défi et la quête même d’une œuvre radicale et atypique : inscrire son corps, s’inventer un corps à corps selon des procédures formelles toujours réinventées.

Un jour, après avoir vu, sur la table, la nappe au motif de fleurettes rouges, j’ai porté mon regard vers le plafond. Là, partout, sur la surface de la vitre comme sur celle de la poutre, s’étendaient les formes des fleurettes rouges. Toute la pièce, tout mon corps, tout l’univers en seront pleins ; moi-même je m’acheminerai vers l’autoanéantissement, vers un retour, vers une réduction, dans l’absolu de l’espace et dans l’infini d’un temps éternel. […] Je fus saisie de stupeur. Peindre était la seule façon de me garder en vie, ou à l’inverse était une fièvre qui m’acculait moi-même. […]

A New-York en 1958, Kusama se libère peintre, sculpteure, performeuse, écrivaine et chanteuse. En traversant les frontières, elle se défait de tout lien, sauf de la mémoire d’une immense culture. S’engageant d’abord dans l’expérience du monochrome, Kusama entreprend de grands formats. D’un blanc trouble, puis colorés, les Infinity Nets n’ont ni haut, ni bas, ni droite, ni gauche, ni commencement, ni fin, ni sens, ni centre illusoire, mais ils sont écrits, à la manière d’une calligraphie inconsciente et obsessionnelle.

Le traitement par masses et agrégats de ces sculptures arrondit les angles et engendre des formes spongieuses, amorphes et molles. 1966 est une année charnière. Kusama conçoit ses premiers environnements où elle introduit le miroir, inaugurant un travail sur la réflexion constamment présent depuis.

Yahoi vit en institution psychiatrique volontairement depuis 1977 et peint des pois pour ne pas perdre la tête… quand le symptôme est aussi le garde fou. Monomaniaque, obsédante pour le regardeur, ludique et douloureux aussi.

Voici une vidéo de quelques minutes qui vous fait découvrir davantage cet artiste et cette exposition.

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Dans une tentative de partager ses expériences, elle créée les installations qui immergent le spectateur dans sa vision obsédante de points infinis et des filets où l’espace est infiniment reflété.

Découvrir l’œuvre de Kusama à la Tate Modern à Londres. Jusqu’au 5 juin.

Renseignements : tate.org.uk

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