Yelp fait une entrée fracassante au NASDAQ

Yelp, un site américain de recommandations de restaurants, shopping, films ou encore de soirées branchées, quasiment inconnu en France est entré au Nasdaq vendredi dernier.

Yelp attire environ 66 millions de visiteurs uniques par mois aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Australie, dont 5,7 millions sur mobile (iPhone, Android, BlackBerry). Le site est spécialisé dans les critiques de commerces et d’activités locales, des restaurants (23% des critiques) aux services pour la maison (10%) en passant par les commerces (23%), les salons de beauté et salles de sport (9%), ou encore les garages (4%). Soit un total de plus de 25 millions de recommandations et critiques depuis l’ouverture du site.

Yelp a été créé en juillet 2004 à San Francisco. La firme n’a depuis cette date jamais été rentable malgré un chiffre d’affaire plus qu’honorable en 2011: 83,3 millions de dollars, deux fois plus qu’en 2010. En 2011, la société a enregistré une perte nette de 16,9 M$, contre une perte de 9,7 M$ en 2010. La start up californienne, dans son dossier de présentation d’IPO, prévient qu’elle n’envisage pas de devenir rentable à court terme du fait de la montée de ses dépenses opérationnelles et de ses investissements, notamment continuer son expansion géographique et éventuellement réaliser des acquisitions ciblées, mais aussi à cause d’un ralentissement envisageable de sa croissance, en raison de la diminution du nombre de marchés à conquérir et de la maturation générale de son activité.

Le prix d’introduction de Yelp a été fixé à 15 dollars par action, au-dessus de la valeur indicative. En clôture, l’action s’échangeait à 24,58 dollars soit une hausse de plus de 60% par rapport à sa valeur initiale et une valorisation à plus de 1,4 milliard de dollars ! Cet IPO n’est pas sans rappeler celle de deux autres géants du net, il y a quelques mois : Linkedin et Groupon. Mais après cette envolée initiale, les deux valeurs ont abandonné l’essentiel de leurs gains dans les semaines suivantes, Groupon repassant même sous son cours d’introduction.

Le modèle économique de Yelp repose sur la vente de publicité aux commerces locaux, mais le marché de la publicité locale souffre de la crise et n’a pas encore réalisé sa transition sur Internet semble t’il. De plus, Yelp étant fortement dépendant de Google, qui lui rapporte l’essentiel de son trafic, se trouve aussi confronté à la concurrence du moteur de recherche, qui avait tenté il y a plus de 2 ans de racheter la start up, qui possède son concurrent principal : Zagat. Google a même édité sur le site, des avis de consommateurs écrits à l’origine par des membres de la communauté Yelp, au grand dam des dirigeants de la firme californienne.

Petite anecdote : Yelp a déposé son dossier d’IPO auprès du Nasdaq en novembre au moment même où l’un de ses concurrents principaux, Angie’s List, est entré en bourse. Angie’s List, qui comme Yelp est déficitaire, avait levé 114 millions de dollars, pour une valorisation à quelque 740 millions de dollars. Le cours de son action est aujourd’hui en hausse de 24% par rapport à son prix d’introduction.

Jeremy Stoppelman, 34 ans, co-fondateur et PDG de Yelp ainsi que Max Levchin, 36 ans, co-fondateur de Paypal et membre du conseil d’administration de Yelp, détiennent respectivement 11,1% et 13,5% du groupe fondé en 2004. Ce qui leur permet de détenir plus de 100 millions de dollars du capital de la firme. Les nouveaux multi-millionaires de la Silicon Valley !

Des chiffres hallucinants qui font penser à certains économistes que le spectre de la bulle internet n’est pas loin… Rappelons qu’il s’agit de la dernière entrée en bourse d’un géant du net avant celle très attendue de Facebook dans quelques semaines.

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