FollowerZ, c’est le projet lancé à l’initiative de plusieurs étudiants lillois, qui ont lancé depuis le 26 mars, la première [...]
Le pitch : Woodrow et Aiden, deux amis nihilistes, concentrent leur énergie à la confection d’un lance-flammes et d’une muscle car cracheuse de flammes nommée Medusa. Ne croyant plus en rien, ils s’arment pour régner sur une hypothétique apocalypse et ainsi réaliser leur fantasme de domination d’un monde en ruine. Quand ils ne s’adonnent pas à ces hobbies, ils sortent, boivent de la bière et font les imbéciles dans les bars jusqu’à ce que Woodrow rencontre Milly, une fille avec qui il vivra une relation fusionnelle et auto-destructrice.
Primé au festival international du film de Catalogne en 2011, tourné en 3 ans avec un budget famélique de 17000$, Bellflower est le premier film d’Evan Glodell, dont il est aussi l’acteur principal, le scénariste, le producteur et le monteur, qui pour l’occasion s’est entouré d’acteurs peu expérimentés, mais qui jouent très juste des personnages magnifiquement interprétés.
Bellflower est d’abord le portrait juste et sans pathos d’une jeunesse en totale perdition, sans plus aucune foi en l’avenir et fascinée par l’auto-destruction (doublée de certaines références à Mad Max). Volonté de Glodell, aucune mention à l’autorité, au travail, aux réseaux sociaux ni aux raisons de cet état d’esprit nihiliste ne sera faite. Les personnages fascinent par leur façon de perdre tout repère moral et de flirter avec la démesure pour se sentir exister, de se vautrer dans les excès en tous genres pour donner un semblant d’intérêt à une vie morne. Les voitures à distributeur de whisky côtoient les lance-flammes faits maison, l’esprit d’aventure et de débrouille constante pour se préparer à régner sur les survivants. L’apocalypse comme seule rédemption. Ce constat effroyable n’aurait pas pu sonner juste sans d’excellents acteurs et un scénario bien écrit.
Plus qu’un film hollywoodien, Bellflower est un film américain. Pour parler de la Californie, le réalisateur a décidé de raconter une romance ; bien loin d’une comédie sentimentale sirupeuse (ce serait plutôt le contraire) le réalisateur montre sans fard une relation stéroïdée façon Hulk Hogan avec du sang, des larmes, de la souffrance et sans aucun parti pris pour l’un ou l’autre des personnages. Le tout magnifié par une réalisation soignée et dynamique (limite épileptique) et filmé avec plusieurs filtres (jaune, notamment) qui offrent quelques scènes magnifiques aux couleurs criardes. Bellflower est une expérience que l’on ressent plus que l’on regarde, cette histoire dynamise, dérange et passionne, sans aucune longueur. On en ressort à la fois dérangé et séduit. Un bémol peut être sur la scène de fin, légèrement too much pour être crédible.
Au final, Evan Glodell nous livre ici un film aussi beau qu’effrayant, une expérience assez unique qui mérite ardemment le détour. Sortie dans les salles françaises le 21 mars.

Se connecter |
S'enregistrer |
Pour devenir contributeur, merci de remplir le formulaire ci-dessous. Nous reviendrons vers toi très vite