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La vraie campagne de la présidentielle française se met en branle et les deux prochains mois en mettront plein la vue concernant les programmes et les promesses de tous ces candidats, de la droite à la gauche. Parfois, et souvent de façon plus intemporelle, le septième art amène sa contribution à notre compréhension du monde politique qui nous entoure. Son côté cynique est souvent mis à l’avant-plan. Ses travers et ses coulisses font ressortir plus souvent qu’autrement un monde cruel, ingrat et sans pitié où vos meilleurs ennemis sont souvent dans votre propre camp. Un monde pas toujours très propre. En résumé, de la bonne matière brute pour les scénaristes de films.
Voici donc quelques suggestions de films des dernières années pour ceux et celles qui préfèrent la fiction même si dans certains cas, vous vous demanderez probablement ce qui peut bien séparer la fiction de la réalité.
Parmi notre sélection, La conquête est le film le plus récent. Présenté hors-compétition au Festival de Cannes lors de sa dernière édition en mai dernier, ce film de Xavier Durringer raconte l’ascension de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république. Film un peu controversé à sa sortie, il prend la journée du second tour de la présidentielle du 6 mai 2007 comme ancrage principal. Sarkozy, interprété avec brio par Denis Podalydès, partage son temps entre le rêve d’une vie qui semble devenir réalité et sa femme Cécilia qui lui cause bien des soucis, y compris son refus de voter et sur le point de refuser cette nouvelle vie qu’elle n’a pas envie de vivre. Elle le quittera définitivement dans les semaines qui suivront.
Cependant, le film est davantage le ‘flashback” de son parcours des cinq années précédentes. Ses années au Ministère de l’Intérieur, sa prise de contrôle graduelle de la machine de l’UMP, de ses relations tendues avec Chirac et surtout avec Dominique de Villepin. On ne se fait décidément pas de cadeaux dans la famille de l’UMP. Au-delà de la performance de Denis Podalydès en Sarkozy, certaines compositions et transformations sont particulièrement remarquables. On parle entre autres de celle de Dominique de Villepin (par Samuel Labarthe), de Claude Guéant (par Hippolyte Girardot), de Rachita Dati (par Saïda Jawad) et de Jacques Chirac (par Bernard Le Coq). Un film qui montre avec cynisme toute la cruauté du monde politique. On ne sait pas ce qui est vrai ou faux dans ce qui nous est raconté mais tout semble vraisemblable et c’est d’un mordant assez réussi. Le film est maintenant disponible en DVD. Un film à voir !
Vu à Paris en salles au printemps 2007, soit en plein milieu de la campagne du premier tour des dernières présidentielles, ce film ne pouvait être plus d’actualité au moment de sa sortie. Sûrement pas dû au hasard. Pourtant, il n’a pas obtenu le box-office qu’il méritait. En fait, le film est passé un peu inaperçu. Moins de 100.000 entrées au final. Premier film réalisé par l’acteur Niels Arestrup, il permettait de révéler un Yvan Attal dans un grand rôle dramatique. Malgré ses quelque 30 films jusque là, on l’avait rarement vu dans ce régistre et encore moins en rôle principal. Il joue ici un candidat au poste de Président de la république française.
Le film se passe donc durant la course à la présidentielle. Plus précisément au moment de l’entre-deux-tours. Le candidat à la présidentielle Michel Dedieu, joué avec brio par Attal, sort du premier tour avec des résultats plutôt décevants. Il réunit donc à la campagne ses principaux conseillers pour se préparer au débat télévisé qui va l’opposer à son adversaire du deuxième tour, le président sortant. Pendant ces heures, il réalise graduellement qu’il est manipulé par son entourage qui ont d’autres intérêts à protéger. L’heure sera donc à la revanche.
La critique avait été relativement partagée lors de la sortie du film. De très bonnes à moyennes. On peut encore voir un sommaire de ces critiques sur le site Comme au cinéma pour se faire une meilleure idée. Un film sur le pouvoir, les manipulateurs de coulisses et la morale politique. Un thème qui vieillit - malheureusement - trop bien. Un film à voir et qui ne perd pas de sa pertinence 5 ans plus tard.
Un film un peu austère mais quel film ! Revu pour la 3e ou 4e fois pour préparer cet article, il y a quelques chose dans ce film d’unique. Un certain lyrisme dans les dialogues et dans l’interprétation. Ce promeneur du Champ de Mars est évidemment l’ancien président François Mitterand, promeneur au Champ de Mars qui y demeurait tout près à la fin de sa vie. Michel Bouquet interprète magnifiquement ce François Mitterand sur le point de mourir. Interprétation qui lui a d’ailleurs valu le César du meilleur acteur en 2006. Le film est l’adaptation du livre de Georges-Marc Benamou, « Le Dernier Mitterrand » sorti en 1997 et qui raconte les dernières heures de François Mitterrand par les confidences qu’il a faites à un jeune journaliste. Ce livre avait fait un peu polémique lors de sa sortie. Ce jeune journaliste est joué par Jalil Lespert, au début de sa carrière d’acteur et qui est aussi passé derrière la caméra comme réalisateur depuis ce film.
Un film qui met essentiellement en scène la relation entre ces deux personnages. Réalisé par le prolifique Robert Guédiguian qui maintient presqu’un rythme de 1 film par année, il offre un film sobre et réussi, un peu comme un hommage à la mémoire de l’ancien président qui aura gouverné la France pendant 14 ans, de 1981 à 1995, pour mourir quelques mois plus tard. Un film d’abord basé sur les dialogues et qui partage beaucoup de réflexions de Mitterand sur l’exercice du pouvoir. La réussite du film demeure essentiellement la réussite de Michel Bouquet qui livre probablement ici le rôle de sa carrière. A voir pour ceux qui veulent comprendre les dernières décennies de l’histoire politique de la France et pour tous ceux qui sont nostalgiques et admirateurs de ce président qui aura marqué la France moderne.
Le président est interprété ici par Albert Dupontel. Pas un “casting” des plus évidents mais une interprétation plutôt réussie. On y croit dès le début. On lui reconnaît même des airs de Nicolas Sarkozy. Cependant, le film est une complète fiction et est même sorti en salles en 2006, soit avant même la dernière élection présidentielle qui avait élu Sarkozy. Réalisé par Lionel Delplanque dont c’était le deuxième film après le plutôt quelconque “Promenons-nous dans les bois” quelques années auparavant. Un véritable thriller avec même… des enveloppes d’argent et des transferts bancaires suspects dans des marchés d’armes à l’étranger. Semble du déjà vu ? Mathieu, un jeune homme brillant et interprété par Jérémie Rénier, arrive dans le paysage de la présidence et accède rapidement à des responsabilités importantes. Par contre, il dispose aussi d’informations qui peuvent ruiner la carrière du président. Les autres rôles principaux sont interprétés par Mélanie Doutey et Claude Rich. Un suspense de facture sérieuse, crédible et très réussi dans le genre.
Les thrillers à saveur politique dans les coulisses du pouvoir sont assez rares dans le paysage cinématographique français et il serait donc mal venu de bouder notre plaisir pour ceux qui aiment le genre. Avec l’affaire de l’attentat de Karachi qui refait surface ces derniers mois et qui semblerait lié à des marchés de vente d’armements dans les années 90 avec de possibles rétro-commissions présumées pour financer une campagne électorale, l’actualité remet presqu’au goût du jour le propos du film où la réalité rejoint étrangement la fiction.
Et pourquoi pas un documentaire qui est aussi divertissant qu’un film de fiction. D’abord prévu pour la télévision, Dans la peau de Jacques Chirac a fait une belle carrière en salles, et même au niveau international en 2006-2007. Il a aussi remporté le César du meilleur documentaire en 2007. Le film donnait véritablement l’impression de réinventer le documentaire tout comme Michael Moore le faisait au même moment aux États-Unis. Réalisé par le controversé Karl Zéro et son comparse Michel Royer, il utilise le ton mordant et sarcastique de Zéro pour revoir la carrière de Jacques Chirac, encore Président de la République au moment de la sortie du film. Le film est resté un projet pendant longtemps avant de finalement “tester” la formule et d’en faire ensuite un long métrage. Un travail de moine pour retourner dans les archives télévisuelles et y retenir un contenu qui surprend souvent le spectateur et dont la principale “vedette du film” voudrait probablement oublier certaines scènes. Un retour en arrière qui passe en revue une carrière politique de quarante ans. Une carrière qui va successivement de Maire de Paris, Premier ministre, chef de parti et Président de la République.
L’acteur Didier Gustin fait un travail remarquable pour imiter la voix de Jacques Chirac. C’est souvent à s’y méprendre et donne un aspect réaliste, voire personnel ou surréaliste, à cette “autobiographie non-autorisée”. Karl Zéro a, par la suite, “récidivé” dans le genre avec deux autres documentaires qui utilisent la même formule avec un ton aussi mordant et un peu décalé. En 2007, il réalisait donc Ségo et Sarko sont dans un bateau où il mettait en parallèle les deux rivaux principaux de la dernière campagne présidentielle de 2007. L’année suivante, il s’en prenait déjà à son vainqueur avec le film Starko ! qui mettait en relief la première année de la présidence de Nicolas Sarkozy.
http://www.dailymotion.com/videox4ksjCrédits photos : Fotolia

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