La FCC plie mais ne romp pas sur la neutralité du Net

Ses déclarations avaient fait l’effet d’une bombe aux Etats-Unis. Tom Wheeler, Président de la FCC (Federal Communications Commission), équivalent de l’ARCEP en France, avait déclaré, il y a quelques semaines, qu’il allait proposer que les FAI soient capables de faire varier les débits en fonction des sites visités.

Véritable révolution pour les autoroutes de l’information, la nouvelle règle boulversait la neutralité du Net en ouvrant la porte à des alliances ou des systèmes de paiement pour ceux qui voulaient être accessibles le plus rapidement possible sur le Net.

En tête de file, Netflix, qui ne vit que grâce à un débit minimum assez élevé, s’était insurgé contre ces nouvelles règles qui allaient redistribuer les cartes en matière de service Internet, et surtout, instaurer un Web à deux vitesses. Un rapide pour ceux capables de payer, et un lent pour les autres.

Le 7 mai dernier, plus de 150 sociétés de service sur Internet se sont unies pour envoyer une lettre ouverte à Tim Wheeler dont les géants Google, Amazon, Linkedin, Microsoft, Netflix et autres Twitter (voir le document), réaffirmant leur volonté de voir un Internet gratuit et ouvert pour tous.

Suite à cette lettre, deux des membres de la FCC (qui en compte cinq en tout) avaient exprimé leur inquiétude face aux propositions de Tim Wheeler. Ce dernier a donc, selon le Wall Street Journal, revu sa copie et devrait présenter aujourd’hui (NDLR Lundi 12 mai 2014) une nouvelle proposition.

Cependant, cette dernière ne devrait pas bouleverser sa volonté puisque, selon le journal, il y préciserait le vocabulaire de sa proposition et l’ouvrirait au commentaires mais conserverait la possibilité pour les providers de facturer un bande passante plus “rapide” aux prestataires de services en ligne.

La seule précision viendrait du fait que le texte interdirait aux providers de “ralentir les sites non payants”. On aurait donc le droit d’accélérer certains sites sans ralentir les autres. Mais quelle serait la vitesse de référence ?

Cette affaire, essentielle pour l’avenir du net puisque la plupart des plus grands services Internet sont basés aux Etats Unis, n’a pas fini de faire parler, et couler de l’encre.

On attends la réaction des “150”.

Leave a Reply