Le 4 mai dernier, un article du Figaro faisait état du faux CV rédigé par Scott Thompson et qui lui [...]
Alors que le président sortant s’est officiellement déclaré candidat la semaine dernière, la campagne sur le web semble prendre une tournure inquiétante.
Pour rappel, le Google bombing profite d’un aspect de l’algorithme de Google qui associe à un lien le texte auquel il est lié. Ainsi, si plusieurs pages web renvoient vers un même site en mettant le lien sur une expression particulière, Google propose le site en question lorsqu’un utilisateur fera cette recherche.
Dans ce cas précis, un premier Google bombing, mis en place par des adversaires de François Hollande en fin de semaine dernière faisait remonter le site de François Hollande pour la recherche «incapable de gouverner».
Deuxième acte cette semaine, avec une attaque visant le candidat sortant : la recherche “Tuer la France” proposait le site de l’UMP comme première réponse.
Ces deux attaques ont bien peu d’impact dans la mesure où peu de gens font ces recherches, mais elles montrent une volonté d’utiliser le web pour attaquer un candidat plutôt que pour construire une véritable campagne.
Si le Google bombing reste de l’ordre de la blague anecdotique, les choses semblent en revanche bien plus sérieuses sur Twitter.
En effet, il est rapporté que plusieurs comptes Twitter parodiques ont été supprimés ces derniers jours. Les comptes en question sont : @_nicolassarkozy, @mafranceforte, @fortefrance et @SarkozyCaSuffit, @SarkoCestFini. Il semble par ailleurs que d’autres comptes, créés à la suite de la fermeture des 4 premiers aient aussi été fermés.
L’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a confirmé avoir demandé à Twitter la fermeture de certains comptes pour usurpation de l’identité du président, précisant que “Cela pouvait pouvait prêter à confusion les internautes cherchant à suivre Nicolas Sarkozy sur Twitter”.
En revanche, pas de demande officielle pour d’autres comptes tels que @mafranceforte ou @sarkocasuffit. Il est donc probable que ceux-ci aient été désactivés en utilisant la fonction “report as spam” de Twitter. En effet, si un certain nombre d’utilisateurs reportent un compte comme compte de spam, alors celui-ci est automatiquement supprimé. Étant donné la vitesse de suppression de certains comptes, qui relèvent très clairement de la parodie et ne peuvent pas être considérés comme une usurpation d’identité, il est probable que ce soit cette méthode qui soit utilisée par des proches du président sortant.
Cette affaire est très inquiétante : il s’agit là d’une atteinte grave à la liberté d’expression. Comment expliquer qu’en pleine campagne pour l’élection du Président de la République un camp cherche à faire taire les critiques et parodies venues des opposants ?
Twitter ne s’étant pas encore prononcé pour expliquer la disparition de ces comptes, le Parti Socialiste a lancé hier une lettre ouverte, espérant ainsi avoir des réponses
Ces différentes attaques, et spécialement la volonté de censure sur Twitter, montrent l’importance qu’a pris le web dans la campagne présidentielle. Il est cependant regrettable qu’ il soit utilisé pour nuire au débat plutôt que pour le nourrir.
Il reste encore 60 jours à tous les candidats pour montrer qu’ils savent utiliser le web pour débattre avec les citoyens plutôt que pour empêcher les camps des autres candidats de s’exprimer.
Crédits photos : Fotolia

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