Depuis quelques semaines maintenant, nous voyons apparaitre sur la webosphère le terme de “picture marketing”. Encore une de ces nouvelles expressions [...]
Douze jours après le début de la nouvelle année, un retraité de 60 ans habitant à proximité d’Amiens, s’est suicidé après après avoir égorgé sa mère, sa femme, sa fille… et son chat. La raison supposée : cet artisan-carreleur cumulait plusieurs milliers d’euros de dettes contractées grâce à des crédits à la consommation.
Le 26 janvier, un homme “endetté” de 78 ans, originaire de l’Isère, a tué sa femme d’une balle de carabine avant de retourner l’arme contre lui.
Trois jours plus tard, un architecte de 55 ans, père de deux adolescents, s’est rendu au Centre des impôts de Créteil. Après avoir laissé un mot à une employée de l’accueil, il est sorti dans la cour et s’est tiré une balle dans la tête à l’aide d’un revolver 38mm, chargé de six balles. Il devait près de 26 000 euros au Trésor Public. Sur le message destiné à la fonctionnaire des impôts, 8 mots : “Vous avez voulu ma peau, vous l’avez.”
Ces trois faits divers, noyés dans un flot d’informations plus sombres les unes que les autres, sont passés quasiment inaperçus. Arrêtons-nous dessus quelques instants.
Trois hommes, trois dettes, trois créanciers : un organisme bancaire, le Trésor public, les organismes sociaux. Dans chaque cas de figure, le dialogue entre les différents partis semblait – s’il avait existé – rompu. Seul le monologue des recommandés se déversant quotidiennement dans la boîte aux lettres de l’urbaniste de Créteil était préservé.
A l’heure où le moral des Français reste au plus bas depuis 2008, à l’heure où les taux des crédits à la consommation flirtent aisément avec les 20%, à l’heure où le litre de gasoil avoisine les deux euros et après l’augmentation en début de mois de la TVA à 5,5% (en attendant celle d’octobre prochain)… ne doit-on pas s’attendre, dans les jours, semaines, mois à venir, à une recrudescence de ces actes de pur désespoir ? Si tel est le cas, n’y a-t-il vraiment rien à faire pour tenter de les endiguer ?
On apprend qu’à Créteil, après le suicide de l’architecte endetté, le Centre des impôts a mis en place une cellule psychologique. Comble du cynisme et de l’ironie ! N’aurait-il pas mieux valu prendre en compte la pression psychologique exercée sur l’intéressé par les incessants courriers de rappel émanant du Trésor Public ?
D’autre part, à l’instar de l’encadrement juridique de la publicité destinée à l’alimentation, ne serait-il pas opportun d’imaginer une loi contraignant la communication publicitaire liée aux crédits à la consommation ?
Si tel n’est pas le cas, il faudra alors au moins songer à approvisionner les centres des impôts en gilets pare-balles. Afin que quelques employés tentent de sauver leur peau.
Crédit image : LePoint.fr

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