La communauté au centre de la Génération Y

Qu’est-ce qu’une communauté ? C’est un ensemble de personnes unies par des liens d’intérêts, des habitudes communes, des opinions ou des caractères communs.

Les Communautés sur Internet

Internet est un lieu d’échanges et de rencontres où les internautes se regroupent autour de centres d’intérêts similaires. En fonction de leurs passions, les individus se rassemblent sur les forums, les blogs ou les réseaux sociaux pour s’informer et partager leurs idées. Ces communautés d’intérêts sont le reflet des préoccupations des individus : sports, jeux vidéos, santé, éducation, ville, cinéma, musique, émissions télévisées, marques, cursus scolaire, clubs, associations, femmes enceintes, partis politiques, métiers, sciences, etc… L’appartenance à une communauté crée du lien social et une certaine homogénéisation des comportements.

Chaque communauté se singularise par un jargon propre qui agit à la fois comme une barrière à l’entrée et un élément différenciant vis-à-vis des étrangers. Sur les forums de “gamers”, un Kevin va désigner une personne ignorante ou maladroite alors que dans une communauté “geek” on préférera le terme “n00b”. Ce vocabulaire spécifique vise à marquer son appartenance au groupe tout en se différenciant du reste de la population. Pour exister en tant que sous-culture, le groupe social se doit d’inventer des normes qui lui sont propres. Si elles sont en confrontation avec la culture dominante, on parle alors de contre-culture. On retrouve la même dichotomie linguistique entre les différentes générations; pour ne citer qu’un exemple, le “laisse béton” des années 70 est maintenant remplacé par l’expression “lâche l’affaire”.

La langue française à l’heure d’Internet

Ces conflits sémantiques sont le moteur du renouvellement permanent de la langue française et le symbole de la querelle perpétuelle entre les anciens et les nouveaux. La polémique sur le langage SMS ou Kikoolol souvent usité par les plus jeunes sur les messageries instantanées illustre parfaitement le conflit générationnel entre des X conservateurs et des Y “disruptifs”. Faire court, c’est pourtant très “Internet” et même une preuve d’intelligence à l’heure de la société de l’instantanéité. Certains y voient même une remise en cause de l’orthographe comme élément de ségrégation sociale, mais les médias traditionnels et les garants de la bonne langue française ont tellement bien fait leur travail qu’il est très dévalorisant d’utiliser ce genre de raccourcis linguistiques. Les anciens empêchent notre langue d’évoluer aussi rapidement que les technologies ; vu la moyenne d’âge de l’Académie Française, il ne faut pas s’étonner de devoir attendre 10 ans pour traduire “chat” en “Éblabla” ou “newsletter” en “Infolettre”, mais gardons espoir,  le rythme s’accélère puisqu’il n’a fallu que 4 ans pour imposer Ramdam au détriment de l’anglicisme “buzz”.

Écrire sur du papier à lettres, sur un blog, un site d’actualité, un forum, un “chat” ou un SMS, ce n’est pourtant pas la même chose. À chaque mode de communication ses codes, n’en déplaisent aux traditionalistes, une langue est vivante si elle évolue. Sur Internet, le besoin de nouveauté est tel que chaque année peut être représenté par un buzzword: Googler (2003), Blog (2004), Web 2.0 (2005), Buzz (2006), e-Reputation (2007), Tweet (2008), Social Media (2009), Community Manager (2010), Curateur (2011), Gamification (2012). Sans parler du nouveau sport à la mode, le Rick Roller.

Conflit Générationnel

Alors oui, la Génération Y est iconoclaste, que ce soit dans son comportement au travail, sa consommation des médias ou dans sa façon de parler, mais ni plus ni moins que les générations précédentes puisque s’affirmer en tant que génération c’est justement remettre en cause les consensus et les valeurs du passé pour adapter l’homme aux évolutions économiques et technologiques de la période et faire progresser l’humanité. Alors, je ne sais pas si Facebook permettra un jour de rendre les gens plus tolérants, à une femme de marcher sur la lune ou d’obtenir des dispositions législatives via des manifestations virtuelles, mais retenons juste qu’accoler Génération Y et Iconoclaste c’est commettre un pléonasme. Les Y ont grandi dans une société de surabondance et leurs collègues X cherchent à leur reprocher leur impatience ?  Ce n’est pourtant que le reflet de la transformation de la société !

Appartenir à une communauté, qu’elle soit réelle ou virtuelle, c’est simplement exprimer ses goûts pour en faire un trait de sa personnalité et se connecter avec ses semblables pour échanger avec eux. Qu’on soit sur Internet ou “In Real Life”, on rejoint un groupe social pour répondre au besoin d’appartenance. Au gré des interactions, on désigne des leaders charismatiques (besoin d’estime des autres) et selon son égo, on cherche à les détrôner (besoin d’estime de soi) ou à se fondre dans la masse.

Encore une fois, les forums et les réseaux sociaux n’ont rien inventé. Ils n’ont fait que transposer sur Internet des pratiques ancestrales : quelle différence entre une association, une confrérie, un parti politique, un “crew”, une tribu, une bande ou un clan ? Aucune, d’un point de vue sociologique si l’on excepte le milieu social et le contexte technologique. Ce ne sont que des groupes sociaux d’appartenance. Néanmoins, si l’on cherche à classifier ces différents types de communauté, on différenciera les communautés d’action (association), les communautés de circonstance (concert), les communautés de position (parti politique), les communautés de pratique (jeux-vidéo) et les communautés d’objectif (régime).

Source : Blog du modérateur

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