Génération Y : génération potentielle ou effective ?

Une génération, c’est avant tout une cohorte démographique d’environ 20 ans, qui partage un esprit de génération. Ce caractère commun est lié aux conditions économiques et sociales de la période et à l’appropriation par les jeunes des technologies nouvelles. Ce concept sociologique importé des États-Unis par des spécialistes du management permet de mieux appréhender le conflit perpétuel entre les anciens et les nouveaux.

Alors, qu’est-ce qui caractérise cette génération ? Pour commencer, les jeunes Y se posent beaucoup de questions sur le monde qui les entoure. En anglais, le Y se prononce d’ailleurs “why”, pourquoi en français. Appliqué au monde du travail, cette maxime empêche les “Yers” d’accomplir correctement leurs tâches s’ils n’en connaissent pas la finalité, s’ils n’ont pas eu de réponses à leurs Pourquoi ?

La version facebook de la dictée de Pivot

L’harmonie entre vie privée et professionnelle

L’autre élément fondamental de cette génération est la recherche de l’Harmonie entre la vie privée et la vie professionnelle. Cette relative désillusion par rapport au monde du travail est le reflet social de l’instabilité économique. Si la génération X était très soumise à son entreprise, c’était dans l’espoir d’y travailler longtemps. Beaucoup d’entre eux se sont sentis trahis, ceux qui ont connu les plans sociaux et autres remaniements stratégiques liés à la destruction créatrice engendrée par le renouveau technologique. La destruction créatrice désigne le processus de disparition de secteurs d’activité conjointement à la création de nouvelles activités économiques. Leurs enfants ont bien retenu la leçon : la vie privée est prioritaire sur la vie professionnelle.

La vie privée

La troisième évolution sociologique la plus marquante est l’évolution de la notion de vie privée. Suite à l’essor d’internet et plus particulièrement des réseaux sociaux, la vie privée valorisante devient publique alors que la vie privée dévalorisante reste privée. Ce profond bouleversement sociétal est particulièrement visible sur Facebook. Comparez la quantité d’informations que partage un X et un Y sur les réseaux sociaux et vous comprendrez une des différences entre ces deux générations. Ne parlons même pas des BB, ils sont trop occupés à lire des livres pour avoir le temps de créer un compte Facebook et nous qualifierons d’anomalie statistique ceux qui ont tenté l’aventure Facebook. De toute façon, ils n’ont rien compris à Internet.

Pour être un vrai Y – un Y de souche en quelque sorte – vous devez être nés entre les années 1980 et 2000; mais que les vieux se rassurent, ceux qui ont réussi à prendre le virage d’Internet, ceux qui ont cet esprit libre et ouvert font un peu partie des nôtres, des XY (ou des Y immigrés) s’ils se considèrent ainsi. Pas besoin de s’habiller comme sa fille, nous jugerons les dossiers de candidatures en fonction de votre profil Facebook.

Génération potentielle ou effective ?

Une génération, c’est avant tout un esprit de génération. Ce sentiment d’appartenance collective à un groupe social repose sur un élément fondateur. Historiquement, en France, cet événement déclencheur repose sur le conflit social et le clivage traditionnel gauche-droite. Pourtant les jeunes “Yers” français sont toujours en attente d’une date qui sera à même de symboliser médiatiquement le renouveau générationnel comme le fut mai 68 pour la génération des Baby Boomers (1945-1975 pour les démographes ; 1946-1966 pour les sociologues) ou la Guerre Froide pour la Génération X (1966-1986). Certains considèrent que l’avènement de Facebook en 2011 est à même de symboliser médiatiquement cette génération Internet. Cependant, pour les sociologues, c’est la prise de conscience par les jeunes de leur appartenance à cette génération Y qui marquera le passage d’une génération potentielle (scientifique) à une génération effective (solidarité de groupe).

En Angleterre, les émeutes d’août 2011 répondent à cette problématique : un clivage net entre les pilleurs (qui ont attaqué les magasins comme symbole du capitalisme avec une violence incommensurable) et les citoyens (qui ont tenté de réparer les dégâts et ont exprimé leur créativité afin de couvrir les vitrines cassées de messages de paix) ; un symbole médiatique en rapport avec les nouvelles technologies : la messagerie instantanée BBM pour les smartphones BlackBerry et un élan médiatique à la hauteur du choc générationnel. C’est d’ailleurs cette messagerie ultra-sécurisée BBM qui n’a cessé de faire parler d’elle en 2011, car elle est très difficile à “mettre sur écoute” (Cf. les conflits entre l’entreprise américaine et les gouvernements en Inde, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis et en Afrique du Sud).

En Tunisie, en Égypte et en Libye, l’élément fondateur de la Génération Y repose sur la révolution culturelle et politique avec pour symbole médiatique Twitter et Facebook en libérateur de la parole du peuple; là où la télévision avait permis de le faire taire et de le contrôler pendant des années. Mais alors, quel sera l’élément fondateur de cette génération Y en France ? La Génération Y deviendra-t-elle un jour une génération effective ? La vidéo virale ci-dessous peut-elle être considérée comme un élément fondateur ?

Génération Y : la vidéo

[vimeo]http://vimeo.com/33023016[/vimeo]

Pour en savoir plus sur la Génération Y, nous vous invitons à lire:

2 replies to this post
  1. De mon point de vue, les mouvements sociaux des Indignés, Anonymous, le printemps arabe, Occupy Wall Street, etc., sont les éléments fondateurs de cette prise de conscience : une conscience sociale basée sur une communication rhizomique et un fort sentiment d’appartenance qui se construit contre le 1% de l’humanité qui détient l’essentiel des richesses…

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