Génération Y : nous ne sommes pas des “Digital Natives”

Nous ne sommes pas des “Digital Natives”, car nous ne sommes qu’au début de la révolution numérique et même si nous avons eu la chance d’utiliser des outils plus aboutis que nos ancêtres de la génération X, ce n’était qu’une version béta de l’iPhone et de l’Internet des Objets.

Les vieux, ce sont les Baby Boomers. Eux ont connu le Jurassique de l’Informatique. A cette époque, la puissance de calcul d’un “netbook” occupait une pièce entière et l’ordinateur personnel est apparu alors qu’ils avaient entre 20 et 40 ans. Il était alors réservé aux familles les plus bourgeoises.

Numérique : des migrants aux natifs

Un “Digital Native” a grandi avec un iPad entre les mains et tapoter sur un écran tactile est pour lui aussi naturel que l’écrit l’est pour les enfants du Millénaire, ayant étudié avec des livres, des cahiers et des stylos plutôt qu’avec la tablette de l’Odyssée de l’Espace. Faisons la différence entre les migrants numériques (Génération X et Génération Y) et les natifs du numérique (Génération Z ou ultérieures) qui eux n’ont jamais connu le magnétoscope ou le Walkman. A ce titre, l’initiative d’Apple qui vise à imposer l’iPad comme manuel scolaire est symptomatique de cette différence générationnelle.

Un vrai “Digital Native” n’aura pas étudié dans des livres mais sur écran.

Là où nous n’avions droit qu’à quelques heures de “techno” par semaine, ils passeront leurs journées à interagir par écrans interposés. L’informatique ne sera alors, plus un cours parmi d’autres, mais un outil au service de toutes les matières. Les professeurs ne parleront plus de “nouvelles technologies de l’information et de la communication” et le cartable sera bien plus léger que ce que nous avons connu. Alors, quelle génération sera effectivement celle des “Digital Natives” ? Impossible de le dire à l’heure actuelle, mais vu le coût pour équiper l’ensemble des classes françaises, il y a fort à parier que la Génération Z devra elle aussi sauter son tour.

C’est simplement une question de volonté politique et un enjeu stratégique pour la compétitivité de la France, mais c’est la crise ma pauvre dame …

iPad manuel scolaire

Quand la technologie aura envahi l’école

A cette époque, le rétro-projecteur et le tableau noir ne seront plus qu’un lointain souvenir, remplacés par le tableau blanc interactif. Tactile et capable d’afficher une vidéo ou une présentation PowerPoint, il sera au centre de l’école numérique. Modulable et interactif, il sera composé de trois écrans sur lesquels le professeur pourra annoter graphiques et autres schémas au moyen d’une craie numérique.

Relié à Internet et doté d’une caméra et d’un microphone, il permettra de diffuser le cours à l’ensemble des élèves, qu’ils soient au fond de la classe sur leur iPad ou derrière leur ordinateur à domicile quand ils seront souffrants. Exit le téléviseur sur son meuble à roulettes ou même l’ordinateur relié à un vidéo-projecteur, le TBI centralisera toutes ces fonctions et sera compatible avec une multitude d’accessoires : portable en wifi, clavier bluetooth, stylo numérique ou simplement pilotable au doigt. Le compas, l’équerre ou le rapporteur ne seront plus qu’un outil numérique, un peu comme le pinceau ou la pipette sur Photoshop et les anciennes cartes géographiques feront alors le bonheur des collectionneurs et des musées.

TBI

Les salles de classe et les commentaires du professeur seront alors systématiquement enregistrés, archivés et mis à disposition des élèves via Internet. A certains moments de l’année (11 novembre, 8 mai, 5 octobre), des enseignants charismatiques délivreront des conférences retransmises dans la France entière et les interactions entre élèves cohabiteront avec les échanges “instituteur-enfant” sur des canaux de “chat” séparés. L’ensemble des supports pédagogiques (hypertextes illustrés, présentations et vidéo) seront accessibles à l’ensemble de la population sur WikiProf.  Peu importe qu’on étudie au fin fond de la Creuse ou à Paris, les cours d’Henri IV et des autres établissements seront disponibles à l’ensemble des étudiants qui se donneront la peine d’aller les consulter sur Internet.

S’il n’a pas compris un élément du cours, l’apprenant pourra ainsi se confronter à une autre approche pédagogique plutôt que d’être condamné à entendre systématiquement les mêmes explications lors d’un cours de soutien dispensé par son prof habituel. Les enseignants vacataires sans affectation auront pour mission de tenir une “hotline” scolaire par mels ou par téléphone et les inégalités sociales et locales seront alors réduites grâce à Internet. Alors, cette utopie sociologique sera-t-elle réalité un jour ? Dans 10 ans, 20 ans, 50 ans ? C’est une simple question de moyens, de maturité des technologies et de volonté politique.

Si vous souhaitez prolonger la reflexion, lisez Digital Natives, Digital Immigrant de Marc Prensky.

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