Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques

Alors que les élections se préparent en France et que les politiques de toutes tendances nous proposent leur vision d’une société à choisir, les femmes ne sauraient rester les oubliées de la démocratie.

Suite au congrès international féministe qui a eu lieu à Paris, en décembre 2010, un livre paraît sous la direction de Françoise Picq et de Martine Storti. Il réunit les interventions des trois jours de congrès et fait le point sur “40 ans de mouvement” féministe.

La question principale : quels effets pour les femmes et pour le féminisme des changements du monde ?

Qu’est-ce qui a changé ? Sur quoi le féminisme a-t-il profondément fait changer les regards et les comportements ? Quel parcours reste t-il encore à faire  en fonction des sociétés et des pays ? Le féminisme du XXIè siècle peut-il être celui du siècle précédent ?

Françoise Picq prend en considération, d’un point de vue féministe, la recomposition du monde actuel et explique comment le nouveau contexte politique oblige à reconsidérer les points de vue anciens.

Barbara Loyer, professeur de géopolitique à Paris VIII, présente “40 ans de mutations géopolitiques” et leurs conséquences sur la cause des femmes. Elle analyse trois mutations majeures : la disparition de l’URSS et la disparition du système socialiste ; l’émergence d’un monde multipolaire ; la montée d’un foyer arabo-persique.

Sophie Bessis, historienne tunisienne, traite : “les femmes, enjeu renouvelé du conflit nord-sud” et propose une relecture de la domination, de la période coloniale aux indépendances. Elle repère les changements récents et les failles où les femmes deviennent actrices comme les dérives culturalistes et les conservatismes alliés contre les droits des femmes.

Un chapitre “Femmes et marchandisation” permet à :

  • Lena Lavinas, professeur d’économie à l’Institut d’Economie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, de développer “salariat, précarité entre les sexes dans le marché du travail” et la progression vers l’égalité des sexes
  • Rose Myrlie Joseph, doctorante FNS en Études Féministes à l’Université de Lausanne et en Sociologie à l’Université Paris 7, de faire le point  des “relations sociales et rapports sociaux dans le care, entre survisibilisation des employeuses et invisibilisation des employées” : elle appelle à ne pas occulter les nouvelles servitudes et inégalités subies par les femmes migrantes
  • Michèle Ferrand, chercheuse au CNRS, de mettre en évidence les politiques sous-jacentes et aux modèles de vie imposés aux femmes à travers la “contraception, avortement, ici et ailleurs”
  • Janice Raymond, professeur à l’Université du Massachusset, de décortiquer le travail du sexe et les violences faites aux femmes
  • Sheela Saravanan, docteur en géographie et planning development en Inde, de traiter de l’exploitation de femmes pauvres dans “le commerce transnational de maternité de substitution en Inde”
  • Paula Banerjee, historienne et professeur à l’Université de Calcutta, de présenter la discrimination des sexes et “l’élimination des filles”.

Dans le cadre de “Organisations et instances chargées du droit des femmes : avancées ? alibis ? recupérations ?” :

  • Malka Marcovich, historienne de montrer les évolutions dans l’histoire du droit des femmes mais aussi d’alerter sur la dislocation des droits universels au motif du relativisme culturel et de l’emprise religieuse.
  • Monique Dental, fondatrice du Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes «Ruptures», se demande dans quelle mesure “L’union européenne est un espace d’égalité pour les femmes” alors que l’égalité hommes-femmes se trouve déqualifiée au nom de la lutte contre toutes les discriminations, que les Églises et associations religieuses sont reconnues commes interlocutrices régulières et que des lobbies plaident la légitimation de la prostitution comme travail.
  • Ioanna Cirstocea, sociologue roumaine au CNRS, s’interroge sur les voies et formats du féminisme transnational, après la chute du mur tandis que Mama Koité Doumbia, présidente de l’ONG Femnet au Mali, témoigne du mouvement féministe africain noir.

Enfin, dans un chapitre “Féminisme, retour du religieux, universalisme”:

  • Monique Selim, anthropologue présente “l’émancipation des femmes au XXè siècle, une pierre dans la gouvernance du capitalisme globalisé”, une réflexion originale qui oblige à réfléchir.
  • Sur le féminisme dans les pays musulmans, Sana Ben Achour, alors présidente de l’Association tunisienne des Femmes démocrates, met en évidence le rôle du droit dans les prises de pouvoir et semble annoncer les événements tunisiens
  • Chahla Chafiq, écrivaine, fait part de l’expérience iranienne.
  • Autour des mots, Liliane Kandel, sociologue, interroge “sexisme-racisme, vraies alliances ou faux amis ?” et leurs contradictions.

Le dernier texte est signé Geneviève Fraisse, philosophe et historienne des femmes. Elle offre son regard sur le congrès autour d’un concept fondamental : l’égalité.

Un livre passionnant, positif, intelligent, ouvert sur l’avenir comme les femmes qui l’écrivent.

Où le trouver ?

Source : Re-Belles ou le féminisme du XXIè siècle.

59 replies to this post
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