[Interview] Mon Vigneron : une MarketPlace ambitieuse

Suite à un déjeuner en terre tourangelle (terre de vin par excellence) très sympa avec Benjamin Gorski et Sarah Lacroix, focus sur un projet qui a pour objectif d’instaurer de vraies relations sur un marché numérique difficile : le vin.

Bonjour Sarah, Benjamin ! Depuis quelques temps, nous suivons le montage de votre projet : Mon Vigneron. Une MarketPlace communautaire dédiée aux vins français. Après avoir lourdement travaillé sur la plateforme, son design et ses fonctionnalités, vous lancez cette semaine la section B to C du site. Mais pour commencer, présentez-vous  !

BG (Benjamin GORSKI) : Ce projet est avant tout le fruit de mon parcours, de mes nombreuses passions, et d’une longue observation du marché online du vin. Je suis arrivé un peu par hasard sur le web en 2005, c’est surtout ma passion frénétique pour la musique qui m’a ouvert les portes des professions du web. Au cours de ces dernières années, j’ai travaillé sur beaucoup de problématiques telles que la gestion de projets online, le développement d’activités par le web, le community management et surtout les media online, ma spécialité. C’est donc au cours de ces 3 dernières années que j’ai muri, avec le concours de Sarah, ce projet vin qui nous tient tant à cœur.

SL (Sarah LACROIX) : C’est également la musique qui m’a amené au web. J’ai acquis mes premières expériences de webmarketing chez Musiwave, sur des projets Microsoft comme MSN Music ou Zune. Puis, mon expérience dans une régie publicitaire online m’a familiarisée avec les techniques de monétisation de sites. Depuis, je me suis spécialisée en SEO, acquisition de trafic, e-reputation et community management.

Nous savons tous, que le E-Commerce du vin en France sur Internet est un secteur compliqué, souvent dû à l’attachement particulier des consommateurs à la proximité. Quelle a été la genèse du projet ? Quelle est la valeur ajoutée de Mon Vigneron ?

BG : Il est certain que le vin fait partie des produits les plus complexes à commercialiser sur Internet parce qu’il est fragile, lourd, mais surtout parce que l’on achète pas un vin facilement si l’on a pas déjà eu l’occasion de le goûter. L’idée du projet est donc de proposer aux domaines viticoles d’utiliser le web pour valoriser leur travail, leur philosophie, leur histoire en apportant une valeur affective et un critère de confiance supplémentaire que l’on ne peut proposer uniquement par l’étiquette. Ainsi, nous avons sur notre place de marché une centaine de propriétés qui prennent à cœur de maintenir ce contact direct avec le consommateur et qui souhaitent de cette manière apporter une confiance supplémentaire dans leurs produits. Au final, nous cherchons à apporter aux internautes un sentiment égal à celui qu’il aurait pu avoir en s’arrêtant directement chez le vigneron lors de son week-end en province, d’où l’idée d’être à la fois un guide des activités d’œnotourisme et un site de vente en ligne de vin. Sur Mon Vigneron, le vin a un support où il est pleinement valorisé, accessible, et au même prix que chez les vignerons !

SL : Nous avons eu l’habitude d’utiliser beaucoup de services web basés sur la gratuité, et lorsque nous avons pensé le projet en 2008, nous étions étonnés que ces business models ne soient pas appliqués au marché du vin. A nos yeux, l’avenir est tourné vers des modèles ROIstes, où le vigneron ne paierait que lors de la génération d’un CA ou l’acquisition d’un nouveau client. Ajouté à cela le fait que les vignerons sont novices sur le web, nous avons voulu leur montrer avec ce site qu’ils pouvaient être visibles sur Internet même avec de faibles moyens financiers, tout en apprenant les bases sur webmarketing.

Vous lancez un concept novateur avec Mon Vigneron mettant les producteurs en avant de manière subtile auprès des E-consommateurs. Pouvez-nous nous expliquer comment le projet va ré-instaurer cette proximité Producteur/Acheteur ?

SL : Nous avons le sentiment de nous inscrire dans une tendance forte du marché, mais avons également essayé d’anticiper l’avenir en construisant autre chose qu’un annuaire figé et sans valeur ajoutée pour les domaines. Les propriétés inscrites chez nous gèrent elles-mêmes et gratuitement leurs espaces via nos outils de communication et de vente online : souplesse de gestion de leurs pages, ajout de contenus media, vente, interactions avec les internautes, notre conviction est de regrouper l’ensemble des informations des domaines sur un support national. Ainsi, nous nous positionnons comme des animateurs de cette communauté de vignerons pour permettre un véritable échange entre particuliers et professionnels du vin. Nous avons également pris le parti de nous positionner sur l’oenotourisme car c’est un vecteur important dans l’apprentissage du vin et de ses terroirs. On en apprend souvent plus en se rendant directement au vignoble qu’en lisant des encyclopédies sur le vin ! Nous cherchons donc avant tout à offrir à l’internaute un sentiment d’escapade gourmande via le web, avec un maximum de contenus..

Et enfin, et puisque c’est de coutume, quels sont vos projets à court terme ? Une levée de fond dans les tuyaux ?

BG : A court terme, nous lançons un blog spécialisé dans le domaine du Marketing du vin online pour répondre aux questions des propriétés viticoles dans la gestion de leurs activités online, et poursuivons le développement des services commercialisés via notre site, notamment les prestations d’oenotourisme et de nuitées au vignoble. Nous avançons donc de manière à stabiliser le site, conquérir et fidéliser toujours plus d’utilisateurs en développant notamment l’expérience client sur notre site tel que le partage d’avis, les commentaires… Nous cherchons et réfléchissons par ailleurs à une levée de fond pour donner une dynamique plus favorable au projet car j’ai la conviction qu’il est nécessaire aux projets digitaux de se tourner vers de l’investissement privé dans un contexte où les institutionnels et les banques n’apportent aucune solution financière concrète dans le soutien des activités numériques en phase d’amorçage.

Je vous remercie chaudement pour cet interview et je rappelle que vous pouvez, ami(e)s épicurien(ne)s vous inscrire sur www.mon-vigneron.com et découvrir ce projet qui a le don de vouloir changer les choses. Merci Sarah, merci Benjamin à bientôt pour déguster une (ou deux) bonnes bouteilles !

SL : Merci Mathieu, nous espérons également avoir l’opportunité de pouvoir partager ensemble quelques-unes des références présentes sur notre site, pour notamment te faire découvrir de sublimes vins de ta région !

Interview vidéo pour WinePaper.com

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