Pourquoi votons-nous blanc aux élections ?

L’article paru le 04 avril dernier décrivait le profil des électeurs comptant voter blanc pour les présidentielles 2012 et récapitulait les données socio-démograhiques, socio-professionnelles et politiques de l’étude IFOP. Afin de poursuivre la réflexion, il est maintenant intéressant de s’interroger sur les raisons qui poussent, de manière générale, les citoyens à ne pas exprimer de choix lors des élections.

Déceptions face au politique

En 1998, l’IFOP publiait une étude sur les raisons du vote blanc et nous apprenait que les électeurs exprimaient par ce geste « un refus des candidats en présence » (36%), leur «hostilité à l’égard de la politique » (35%) et, dans une moindre mesure, une « difficulté à choisir entre les candidats en présence » (20%).

Ces chiffres ne datent pas d’hier. Mais ils peuvent, encore aujourd’hui, témoigner du ressenti des français envers la politique. Maxime Pinard, dans sa chronique géopolitique du Nouvel Observateur, avance les mêmes arguments suivants : la campagne présidentielle 2012 ne débat pas de sujets importants aux yeux des français, les débats sans réels fonds et un frustrant manque de choix en termes de candidats. Bien que représentant un avis totalement personnel, cette chronique liste des explications qui ne sont pas si différentes que celles exposées par l’IFOP il y a 14 ans.

Puis un manque de reconnaissance…

Bien que la revendication en faveur d’une reconnaissance du vote blanc soit utilisée à chaque élection comme argument de campagne, le Ministère de l’Intérieur ne les comptabilise toujours pas. Rappelons que, malgré ses légitimations, le vote blanc n’est pas reconnu comme suffrage exprimé et est encore associé à un vote nul. Ce manque de reconnaissance envers l’expression de leur avis politique amènerait les électeurs au choix radical de boycotter les urnes, préférant mettre de côté leur droit et devoir de citoyen.

Qui poussent à l’abstention.

L’indicateur Ifop/JDD d’évaluation de l’abstention au premier tour de l’élection présidentielle révèle que 32% de Français n’iraient pas voter, le 22 avril prochain. Ce chiffre, s’il était confirmé, constituerait un record historique de l’abstention pour le premier tour d’un scrutin présidentiel et confirmerait le cycle abstentionniste que connait le pays depuis 2007.

Les raisons qui poussent à l’abstention sont, le hasard n’y étant pas, très proches de celles évoqués pour justifier un vote blanc. L’IPSOS avance comme raison principale un désintéressement de la campagne pour 65% des français. L’institut CSA met en lumière que 71% des participants à son sondage répondent que celle-ci ne leur permet pas de faire un choix réfléchi du fait de la trop grande place accordée aux incidents entre candidats.

Crédits photos : leplus.nouvelobs.com, Fotolia

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