Suivre un MOOC : quelle reconnaissance ?

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Les cours en ligne ouverts et gratuits constituent la grande tendance de l’éducation en ligne depuis 2012, année durant laquelle ces cours ont explosé aux Etats-Unis et émergé en Europe. Le succès grandissant de ces MOOCs – « massive open online courses » en anglais – concerne également la France où des écoles, comme Polytechnique, qui vont proposer leurs premiers cours en ligne dans les prochains jours.

L’éducation nationale se lance également dans le mouvement puisqu’une dizaine de faculté lanceront une vingtaine de modules en ligne dès le mois de janvier et ce chiffre devrait atteindre cinquante MOOCs avant la fin 2014 (comme l’a annoncé Geneviève Fioraso, Ministre de l’Enseignement Supérieur, mercredi 2 octobre 2013).

Cette tendance ne s’explique pas seulement par la numérisation de l’éducation mais aussi par la motivation de l’accès gratuit au savoir des universités les plus prestigieuses du monde. L’éducation en ligne répond au coût exorbitant de l’éducation en présentiel – dans les salles de classes et les amphithéâtres – qui a augmenté de 84% depuis 2000 selon une étude d’Ibis Capital. Ainsi, aux Etats-Unis, la dette liée à l’emprunt étudiant a atteint mille milliards de dollars.

Les cours en ligne aussi qualitatifs qu’un cours en présentiel ?

La démocratisation des MOOCs risque de voir apparaître des cours de qualité moindre. Toutefois, le coût de conception d’un MOOC, pour le moment très élevé, n’est pas accessible à toutes les institutions. Une étude américaine menée par Inside Higher Ed a interrogé 2251 professeurs sur la qualité des cours en ligne. Pour 73% d’entre eux, le fait que le cours en ligne soit proposé par une institution accréditée est le premier gage de qualité. Et pour 60% des répondants, le fait qu’il soit proposé par une institution qui offre également des cours en présentiel est un facteur très important. Il n’y a donc pas vraiment de souci à se faire sur la qualité des MOOCs proposés par les plateformes pionnières comme Coursera et EdX puisqu’elles proposent des cours d’Harvard, du MIT ou de Stanford. Mais à l’heure où ces cours en ligne se multiplient, il s’agit de bien savoir faire le tri et en vérifier l’origine. Comme pour choisir une école de formation classique, finalement.

Quelle certification pour l’étudiant ?

Se pose maintenant la question de la certification et de la reconnaissance d’un MOOC. Etant gratuits et ouverts à tous, il est difficile pour les plateformes, telles que Coursera ou Udacity de fournir un diplôme aux étudiants de ces cours en ligne. C’est pourquoi la plupart des MOOCs actuels permettent à l’étudiant d’acquérir des certificats ou des badges de compétence.

L’Ecole Centrale de Lille a été l’un des pionniers français en matière de MOOCs. En effet, l’école a proposé en mars dernier un MOOC sur la gestion de projet qui a rassemblé près de 2800 élèves. 1761 d’entre eux ont reçu un certificat, soit un taux de réussite de 66%. Certes, ce certificat n’équivaut pas un diplôme mais il provient d’une école de renommée et peut donc offrir une vraie plus-value à son détenteur. La prochaine édition, qui débutera le 16 septembre et durera 5 semaines, innove justement concernant la certification du cursus. Les élèves n’arrivant pas à obtenir le certificat dans son intégralité peuvent ainsi obtenir des badges attestant de compétences qu’ils ont pu développer au cours de la formation, et les ajouter facilement à leur CV.

Autre forme de certification intéressante : le passeport pour entreprendre, premier MOOC français destiné à l’enseignement de l’entrepreneuriat. Les lauréats bénéficieront ainsi d’heures de conseil d’experts gratuites et des remises tarifaires auprès de fournisseurs.

Un plus pour les inscrits, étudiants ou personnes actives

Cette ligne supplémentaire sur le CV est forcément bien vue par un futur employeur car elle souligne la curiosité du candidat et sa motivation à apprendre, qu’il soit encore étudiant ou non. Peu d’étudiants prennent finalement part aux MOOCs. En effet, déjà bien occupés par leur formation actuelle, ils ne ressentent pas forcément la nécessité d’apprendre en plus de ce que leur propre école ou université propose. Ainsi, 15% des inscrits du MOOC de Centrale Lille étaient étudiants. La moyenne d’âge atteignait 34 ans et 62,5% des inscrits avaient un bac+5. Le système même des MOOCs, 100% en ligne, offre une flexibilité très prisée des personnes actives, ce qui explique son succès. Suivre un cours en ligne peut même constituer un tremplin pour leur carrière, notamment en cas de reconversion.

A l’heure où la compétition sur le marché de l’emploi fait rage, les doubles voire triples compétences sont très prisées des recruteurs. Et sans remplacer le diplôme, valider ses connaissances via un MOOC offre une vraie valeur ajoutée.

2 comments
AASTOURIC
AASTOURIC

Les fondamentaux de la pédagogie concernent aussi le numérique. La "pédagogie embarquée" donne toutes ses chances à l'apprenant d'aller au bout d’un cours en ligne. Le numérique ce ne doit pas se contenter de transmettre du savoir mais il doit aussi donner envie. Comment faire ?

Réponse : Réussir vos interventions de formation, livre 160p., en vente dans toutes les librairies http://astouric.icioula.org/


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