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La nouvelle est tombée le 26 janvier : le club suisse de Neuchâtel Xamax, l’un des meilleurs du pays (deux fois champion de Suisse) vient de déposer le bilan, 8 mois seulement après son rachat par un personnage trouble aux méthodes douteuses, le Tchétchène Bulat Chagaev.
Neuchâtel Xamax, vous connaissez ? Fondé en 1970 suite à la fusion du FC Xamax et du FC Cantonal Neuchâtel (le patronyme « Xamax » étant un hommage à Max Abbeglen, l’un des fondateurs du FC Xamax et médaillé d’argent aux JO de 1924 avec l’équipe de Suisse), ce club faisait partie des tout meilleurs de Suisse, avec à son actif 2 championnats (en 1987 et 1988), 3 Supercoupes de Suisse (1987, 1988 et 1990) et deux ¼ de finale de feue la Coupe UEFA en 1982 et 1988.
En mai 2011, le club qui appartenait auparavant à l’entrepreneur Silvio Bernasconi est racheté par le bouillonnant tchétchène Bulat Chagaev, 51 ans, qui obtient 53% des parts. On sait peu de choses sur lui, à part qu’il gravite entre la Suisse et Moscou, et qu’il serait à la tête de plusieurs sociétés basées à Genève, dans le métal et l’immobilier principalement. Surtout, c’est un ami proche du président tchétchène Ramzan Kadurov, personnage trouble mis en cause dans certains attentats et mécène du football tchétchène. Chagaev est même le co-sponsor du Terek Grozny, club appartenant à Kadurov.
Aucune indication sur sa fortune, la presse suisse statuant le montant de la vente à 1 million d’euros. Rapidement, la justice se penchera sur les conditions opaques de cette vente, ce qui conduira à l’inculpation de Chagaev pour usage de faux documents (notamment une fausse attestation de la Bank of America, qui certifiait que le président de Xamax disposait de 35 M€ sur un compte américain).
Huit mois après, le club vient de déposer le bilan, et Chagaev mis en examen pour « gestion déloyale ». Même si son avocat assure que son client « n’a jamais eu d’autre intention que celle de faire prospérer un club et une région qu’il aime. Son but n’a jamais été d’en tirer un quelconque profit personnel.
Les faits sont là : près de 5 millions d’euros de dettes (une somme conséquente pour le football suisse) dont 800.000€ d’arriérés d’impôts à l’Etat suisse, les salaires de novembre et décembre des joueurs n’ont pas été payés et plus d’argent pour régler les indemnisations des joueurs, entraîneurs et personnel administratif licenciés. La Swiss League, qui avait auparavant ordonné un retrait de 8 points à Xamax pour sa situation financière, a tout bonnement décidé de retirer sa licence au club vaudois. Par ailleurs, celle-ci a modifié son règlement, et désormais chaque changement de président devra être soumis à son approbation, sous peine d’un retrait de licence. (source : Plat du Pied)
Sportivement, en plus de son retrait de points, Neuchâtel a consommé quatre entraîneurs, renvoyé 4 joueurs à la trêve (dont le capitaine Stéphane Besle, 170 matches au compteur pour le club, sorti en pleurs du bureau de Chagaev) et faisait régulièrement la une des journaux pour les méthodes stéroïdées de son président.
Finale de la Coupe de Suisse 2011, entre Sion et Neuchâtel. A la mi-temps, Sion mène 2-0. C’est alors que Bulat Chagaev, hors de lui, débarque dans le vestiaire des joueurs et hurle à ses troupes « I’ll kill you all ! ». (“Je vais tous vous tuer!”)
27 août 2011, Neuchâtel et Lausanne ont fait match nul 2-2. Chagaev rentre dans les vestiaires, accompagnés de ses gardes du corps armés. Les joueurs se sentent de plus en plus menacés et se confient, en off, à 20minutes.ch, le le Tchétchène indique :
“Un jour, il va tous nous tuer”, “Ça ne peut pas durer ainsi. C’est à un point que si l’on fait une mauvaise passe ou que l’on rate un contrôle, on a peur de ce qui peut se passer ensuite”, “Aujourd’hui, il y a presque eu une bagarre avec le coach. M. Caparros lui a répondu et les gardes du corps de M. Chagaev ont empêché le Tchétchène de lui sauter au cou.”
D’ailleurs, Joaquin Caparros, pourtant entraîneur expérimenté (il a officié notamment à Villareal, à la Corogne et au FC Séville), n’aura tenu en tout et pour tout que deux mois, ayant remplacé Didier Ollé-Nicollé (suite au rachat du club), puis Bertrand Challande (débarqué après 17 jours), et enfin le tandem Sonny Anderson – François Ciccolini.
Son remplaçant, l’Espagnol Victor Munoz (ex-Saragosse, Panathinaïkos et Getafe), a pris sa place en septembre. Après les licenciements de 4 de ses joueurs à la trêve, il ne lui en restait plus que 17 pour terminer le championnat, désormais tous libres suite à la faillite du club.
Aujourd’hui, c’est la tristesse qui prédomine à Neuchâtel. La ville souhaite jouer un rôle dans la renaissance du club à travers la sauvegarde de la formation et du stade de la Maladière, qui est sa propriété, afin de redonner à la ville une équipe digne de ce nom.

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