Buzz Trotter : travailler en voyageant au bout du monde

En ce moment toutes les occasions sont bonnes pour inciter les entrepreneurs, les jeunes et tous ceux qui se sentent à l’étroit en France, à quitter notre pays pour tenter sa chance ailleurs. La crise économique et le sentiment de lassitude, d’ascenseur social bloqué depuis des décennies ou encore la peur du lendemain en sont certainement les causes…

Mais si plus que quitter définitivement la France, nous choisissions le concept du travailleur-voyageur ? Partir à l’étranger pour une durée indéterminée, tout en travaillant à distance, mais en ne se fixant pas en tant qu’expatrié ?

C’est ce qu’ont fait Julie et Vincent du blog Buzz Trotter : entreprendre et voyager. Nous sommes partis à leur rencontre…

Locita – Bonjour Julie, pouvez-vous vous présenter ? Votre parcours, votre activité…

Je m’appelle Julie Beaudouin, je suis gérante de la société MDJ Communication qui fait du conseil éditorial et de la rédaction web. Je me suis lancée à mon compte il y a environ 4 ans, après un parcours en agences et en entreprise à Paris et Bordeaux (j’étais plutôt chef de projets puis directrice de clientèle à cette époque-là). L’envie d’être indépendante, de faire un métier qui me plaisait et d’être libre de voyager…tout cela m’a poussée à créer une société.

Locita – Qu’est ce qui a motivé votre voyage ? Comment vous est venue l’idée ? Comment l’avez-vous préparé ?

J’ai toujours aimé les voyages, j’en fait 1 par an en moyenne (parfois 2) et je voulais continuer. Mon ami est pareil et aussi à son compte donc il nous était difficile de partir longtemps avec nos sociétés. C’est la lecture du livre de Tim Ferris « La Semaine de 4h » qui nous a mis la puce à l’oreille, on s’est dit qu’il était possible de partir loin et de continuer à travailler… Quelques mois d’organisation pour tout dématérialiser et ne rien oublier et nous voilà partis pour 6 mois en Asie, un sac à dos devant, un sac à dos derrière. La préparation a été un peu longue car il fallait gérer toute la partie administrative d’une société et ne rien oublier notamment pour le bilan ou le Trésor public (qui lui ne vous oublie pas !).

LocitaComment s’est passée votre activité de travailleur indépendant sur place ? Avez-vous perdu des clients ? Que vous ont-ils dit de votre expérience ?

L’activité s’est très bien passée, il a fallu gérer les aléas du voyage, les coupures d’électricité, les décalages horaires ou encore les connexions lentes mais au final nous avons gagné en productivité. Nos journées étaient découpées en deux, le matin pour visiter ou faire les trajets et l’après-midi pour travailler. Je n’ai pas perdu de clients mais certains qui voulaient me rencontrer « en chair et en os » ont préféré ne pas collaborer avec moi, ce que je peux comprendre. Mais les clients que nous avions avant sont restés et nous en avons gagné pendant notre voyage, le bilan est donc positif ! L’expérience a intéressé beaucoup de monde, les clients étaient curieux, certains qui ont déjà voyagé m’ont donné des conseils.
Locita – Quel pays avez-vous préféré et pourquoi ?

Honnêtement, je n’ai pas de pays préféré, pour le côté voyage j’ai adoré le Cambodge et le Japon (mon rêve depuis pas mal d’années) et pour le travail la Thaïlande et la Corée du Sud. Mais dans chacun des pays nous avons des anecdotes, des personnes rencontrées qui nous ont fait découvrir leur pays, des amis qui étaient déjà sur place… Il est vraiment difficile de sortir un pays du lot.


Locita – Que pays n’avez vous pas apprécié et pourquoi ?

Je dirai que nous avons apprécié tous les pays où nous sommes allés, il y a juste le Laos qui nous a posé de réelles difficultés et nous avons préféré le quitter au bout de 10 jours (au lieu du mois prévu). Les conditions n’étaient vraiment pas réunies pour travailler correctement, internet était très lent, les connexions étaient rares et les endroits pour travailler aussi. C’est vraiment le seul pays où nous avons ressenti cela, mais peut-être qu’on est passé à côté, ce sera l’occasion d’y retourner…en touriste !
Locita – Conseilleriez-vous aux jeunes de faire un voyage de ce type, par forcément entrepreneurs, mais en pour aller voir du pays comme on disait avant ?

Alors là un grand OUI, entrepreneur ou pas, aller voir du pays cela change la vision que l’on peut avoir de son propre pays et des attentes que nous avons. Parfois cela donne envie de partir encore plus loin et d’autres fois on relativise quand même notre cher pays. Partir loin, c’est aussi rencontrer des gens différents qui ont une approche différente du travail, de la motivation, du business et de la vie en général. Bref, c’est enrichissant à tous les points de vue. J’ai commencé tôt à voyager et je ne le regrette pas, quand je vois mon petit frère de 18 ans partir déjà avec le sac à dos, je me dis qu’il a tout compris J.
Locita – Avez-vous eu des idées de business à monter en France au cours de votre voyage ?

Des tonnes, plus ou moins bonnes, plus ou moins abouties, nous avons d’ailleurs fait un article là-dessus ! C’est fou à quel point le cerveau, une fois déconnecté de son environnement habituel, peut papillonner et trouver de nouvelles idées. C’est aussi ça la richesse des voyages, on a le temps de se poser des questions, de réfléchir et de prendre du recul sur pas mal de choses pour avoir le temps de trouver des idées de business. On avait donc toujours un cahier à portée de main pour noter la moindre idée.

Locita – Où vous voyez-vous vivre maintenant ? En France, s’expatrier, continuer de voyager ?

Nous souhaitons vivre en France et continuer à voyager. Je ne suis pas une expatriée mais vraiment une entrepreneure qui voyage, c’est un statut qui me va très bien. Revenir plusieurs mois en France, garder son réseau et repartir quelques semaines/mois ailleurs, je trouve cela parfait !

Locita – Quels pays parmi ceux traversés recommanderiez-vous à un startuper pour se lancer ?

Je parlerai surtout de la Thaïlande pour son bon rapport qualité de vie/qualité de travail. En effet, vous pouvez vivre très bien avec un petit salaire, dans un pays avec beaucoup de charme et surtout très connecté. Ainsi, à chaque coin de rue vous pouvez trouver des cafés wifi. La communauté expatriée est très importante donc il y a aussi des Start-up Weekends ou des Barcamps notamment à Chiang Mai et Bangkok, l’occasion de se faire un réseau. Il faut juste faire attention au statut du travailleur là-bas car normalement avec un visa touriste vous ne pouvez pas travailler en Thaïlande (l’idéal est donc de faire comme la plupart des freelances installés là-bas, restez discret).

Locita – Quel accueil vous ont réservé en général les coworkings où vous veniez travailler ?

Nous avons toujours eu un super accueil, les gens étaient contents de voir des étrangers venir. La plupart du temps dans ces coworking spaces on rencontre essentiellement des expatriés (américains pour beaucoup) sauf au Japon ou en Corée du Sud où les métiers du web sont très développés (donc les coworking spaces aussi). A chaque fois, les coworkers ont pris le temps de nous faire visiter, de répondre à nos questions et de nous parler du pays, un vrai échange !

Vous pouvez retrouver tous les articles et surtout conseils pour partir à votre tour autour du monde, tout en travaillant à distance sur Buzztrotter.com. Bientôt paraitra un guide à l’usage des indépendants qui souhaitent voyager et travailler en même temps (parution prévue pour fin novembre).

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