Flâneries à New York

S’il y a bien une métropole dotée de multiples superlatifs, c’est New-York. Big apple, ville qui ne dort jamais, Gotham… pour n’en citer que quelques uns ; on pourrait ajouter à cette liste celui de ville aux nombreuses facettes.

A l’instar d’un stroboscope qui illumine les pistes des boîtes de nuit – Ah, le Studio 54 ! – New York brille et s’enrichit de ses quartiers aux atmosphères si différentes. Zoom sur deux d’entre eux : Coney Island et Harlem, vu au travers d’un de ses clubs de jazz mythiques, l’Apollo Theater.

Tout au sud de Long Island, dans le borough de Brooklyn, la péninsule de Coney Island. Cette île rattachée à Long Island à la suite de la guerre de Sécession, est surtout connue pour ses parcs d’attraction. De fait, aller à Coney Island, c’est se promener sur la berge qui longe l’océan en respirant l’air sucré par les barbes à papa et autres confiseries, lever les yeux au ciel et admirer les montagnes russes datant des années quarante, le Cyclope.

Le Sideshows of the seashore témoigne de cette époque où Coney Island, rassemblait autour de ses manèges foutraques, une faune interlope et marginale. Un spectacle payant exhibe nains, femmes à barbes et autres phénomènes de foire et pousser la porte du bâtiment suffit à faire ressentir au visiteur ce que devait être Coney Island à son apogée, au début du XXe siècle. Manèges métalliques et créatures lynchéennes cèdent la place à des bistrots russes, à Brighton Beach au nord de l’île, et aux mélodies latino-américaines, plus au sud, le long de la jetée.

L’Apollo theater, en plein coeur de Harlem, est célèbre pour avoir accueilli les débuts des grands noms du jazz tels qu’Ella Fitzgerald, Billie Holiday ou Count Basie. Désormais, association non-gouvernementale, l’Apollo theater propose des concerts, des programmes éducatifs et des spectacles d’arts vivants.

Au titre de ses rendez-vous majeurs, l’Apollo theater amateur night qui, tous les mercredis soirs, rassemble chanteurs, musiciens, danseurs amateurs qui concourent pour gagner un prix de 10 000 dollars. Au-delà des prestations plus ou moins heureuses de chacun des participants, il faut se rendre à cette soirée pour son atmosphère électrique. Alors que le spectacle n’a pas commencé, un présentateur attise la foule et l’invite à scander avec lui des refrains sur l’Apollo.

Puis, le spectacle débute en plein délire ; les spectateurs huent ou acclament chacun des participants. Ceux qui sont particulièrement décriés sont chassés de la scène par un sbire de la production ; dans cette arène musicale, pas de pitié pour ceux qui ne remportent pas les suffrages du public. L’Amateur night, étape obligée pour vibrer au rythme de Harlem ? Oui, définitivement.

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