Le Bac ou l’épreuve ultime

Le baccalauréat, appelé plus communément Bac, est depuis des décennies une institution. Mais d’où vient-il ? Par qui et quand a-t-il fait son apparition ? Quelle en est l’organisation ? Voilà les questions auxquelles nous répondrons puis nous finirons par une interview d’un jeune homme qui a passé son Bac cette année, Yoav Belhassen.

L’histoire du Bac

Le Baccalauréat est un examen mondialement connu. Il est la fin du premier cycle d’étude, celui qui sépare les études générales à celles que l’on choisira, même si nous avons des premiers choix importants en début et fin de seconde. Il est considéré comme le premier grade universitaire.

En France, le baccalauréat a été fondé en 1808, par Napoléon Ier. Il fallait être âgé d’au minimum 16 ans. Les épreuves étaient composées d’oraux sur des auteurs grecs, latins, mais aussi sur la géographie, l’histoire et la philosophie. Lors de la première session, 31 personnes ont été bacheliers !

Jusqu’en 1830, seuls les oraux existaient, et c’est à cette époque là que les écrits firent leur apparition. C’est quelques années plus tard, en 1853, que la première langue vivante fut son apparition dans l’examen.

Il y a encore quelques années, il était possible de passer en études supérieurs (BTS , …) sans le Bac, uniquement pour la première année. Cela pour avoir la possibilité de repasser l’épreuve en candidat libre, sans perdre une année, mais ce n’est plus le cas actuellement.

Le Baccalauréat en quelques chiffres

Chaque année, des centaines de milliers de candidats passent le Bac. Penchons nous quelques instants sur les chiffres de 2012.

Cette année, 703 059 candidats ont passé l’épreuve, soit 6,91% de plus que l’an passé. 334 464 étaient des candidats du bac général, 148 622 du bac technologique et 219 973 du bac professionnel. Les personnes en candidat libre représentent 3,75% soit 26 411 personnes.

Chaque année, il y a un plus jeune et un plus vieux, qui sont généralement bien loin des 17-18 ans, qui est l’âge auquel nous devrions passer le bac. En 2012, le plus jeune candidat est âgé de 12 ans et 1 mois, alors que le plus âgée a 87 ans !

En France, le plus jeune bachelier a été diplômé en 1989 à l’âge de 11 ans et 11 mois.

Quelle organisation faut-il pour cette épreuve ?

En France, il existe plus de 4 762 centres d’examen, et plus de 4880 énoncés sont élaborés. Les salles sont installées et organisées plusieurs mois à l’avance, dès le mois de Mars.

Cette année a été plus que chargée car il y a eu plus de 4 millions de copies pour 175 390 correcteurs, 84 pays organisateurs, 22 langues vivantes au choix, 25 autres facultatives et 11 langues régionales.

De nos jours, le bac a beaucoup évolué. La tricherie est sans doute la plus grosse crainte. Tricher à cet examen entraine de lourdes sanctions telles que l’annulation de l’examen, de l’épreuve ou même l’interdiction de repasser l’examen dans un délai de 1 à 5 ans (code de la route, permis, …) Mais le plus embêtant reste toujours les fuites, lorsque les élèves ont en mains les sujets plusieurs heures en avance. Des sujets de remplacements sont alors mis en place, néanmoins, lorsque le ministère s’en apercoit après l’épreuve, comme en 2011, les choses sont bien différentes. Des sites sont même consacrées à la tricheries, mais si les étudiants en ont connaissance, les examinateurs aussi !

Cette année un dispositif très spécial a fait son apparition : des brouilleurs d’ondes. Si mettre son portable, de manière évidente et visible, dans son sac loin de soi, montre une bonne volonté, en avoir un second dans la poche relève du vice. Pour empecher alors toute tricherie, aux toilettes par exemple avec un appareil mobile donnant accès facilement à internet, d’autant que les smartphones tactiles ne font aucuns bruits et n’éveillent donc pas les soupçons, des brouilleurs d’ondes ont été mis en place.

Les ondes téléphoniques ne passant plus dans le secteur, les liaisons avec l’extérieur, du moins avec internet auront du mal à passer. Espérons juste qu’il n’y ait pas le feu à l’établissement !

Le Bac a souvent été un sujet repris de part et d’autres… Tout d’abord en 1980, Les sous-doués passent le bac qui deviendra rapidement un film culte ! La scène des oraux commençant à 1:16:51 reste tout de même un final digne de ce nom, où les plus belles scènes cultes y sont regroupées. Néanmoins, voir ce film en entier reste un plaisir qui ne s’atténue pas au fil des années. Généralement, il est diffusé quelques jours apres les épreuves, sans doute afin d’éviter les mauvaises idées, pour le moins ingénieuses.

La publicité aussi se sert de cette institution, comme Bic. Parait-il qu’il s’agirait de comédiens, jouant de véritables répliques arrivées au cours des années…

Par exemple ici :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ogcMeSKrma0[/youtube]

… ou encore ici et ici.

Mais le monde du Bac n’est pas toujours rose. Dernièrement, l’affaire Dukan a fait scandale. Alors que Mr Dukan a proposé de retirer des points aux candidats étant en surpoids, pour qu’ils prennent conscience de cela, la réponse a été sans appel, il s’est fait – à sa propre demande – radié de l’ordre des médecins.

Pendant et après les épreuves, les attitudes diverges, certains se considèrent en vacances, d’autres se préparent aux rattrapages, même les plus studieux. Néanmoins, certaines attitudes sont similaires à tous, par exemple, estimer les notes que l’on devrait avoir dans chaque matière, et bizarrement on se trompe souvent !

Éclaircissons ces quelques attitudes avec Yoav Belhassen, jeune homme de 18 ans venant de passer son Bac S et se préparant à intégrer une fac de médecine. Il nous accorde quelques minutes de son temps avant les résultats du Bac, de manière très posée et mature.

Locita – Yoav, bonjour, vous avez passé le Bac il y a maintenant quelques semaines. Revenons sur cette période. Que représente le Bac pour vous ?

Le bac est la clef de notre vie future. Elle peut nous ouvrir un très grand nombre de porte pour ne pas dire toutes les portes car suivant la section que l’on est choisit nous nous spécialisons vers un chemins plus tracé
.

Locita – Vous avez choisi de passer un Bac S, pourquoi ce choix ?

J’ai choisi la section S car c’est ce que j’ai toujours voulu faire, j’ai toujours aimé les matières scientifique comme la S.V.T (Sciences de la Vie et de la Terre) qui est devenue ma spécialité pour le bac
.

Locita – Avez-vous déjà un objectif professionnel ?

Plus tard j’aimerai travailler dans le domaine de la santé, plus particulièrement vers les voies dentaires ou pharmaceutiques.

Locita – Que pensez-vous de la réforme de Luc Chatel ?

La reforme de Luc Chatel est une reforme qui a, à mon sens, ses points positifs comme ses points négatifs. D’un côté, elle permet d’alléger le programme de terminale mais d’un autre, elle a remodelé des matières pour certaines sections, ce qui démotive les lycéens.

Locita – Quel conseil pouvez vous donner aux prochaines promotions ?

Je vais donner un conseil que tout le monde leur donnera, que l’on m’a aussi donné, mais que généralement personne n’écoute, et avec le recul, c’est une grosse erreur.

Je conseille aux futurs élèves de terminale, et même avant, de commencer les révisions dès le début de l’année scolaire, afin que les « révisions » ne soient pas des périodes d’apprentissage. Nous avons tendance à délaisser les matières à faible coefficient, ce sont néanmoins elles qui peuvent nous sauver. Le moment venu des révisons, il sera alors plus judicieux de passer la majeure partie de son temps sur les gros coefficients. C’est la dernière année avec les copains, au lycée, nous sommes les « grands » et pour la plupart, nous ne seront plus ensemble l’an prochain. Il y aura de nouvelles amitiés, d’autres resteront, mais le Bac est une étape trop importante dans la vie de quelqu’un pour se permettre de le laisser de côté, même si l’on peut quand même s’amuser un peu (rires).

Locita – Si vous deviez résumer le bac en un mot, quel serait-il ?

Le meilleur mot pour résumer le bac est le mot : «  stressant » et si je peux ajouter « mouvementé ». avec le stress, il est facile de s’éparpiller d’où l’importance d’une bonne organisation, néanmoins flexible.

Locita – Dans quel état d’esprit vous trouviez vous avant et pendant les épreuves ?

Avant le bac j’étais du genre cool, pas stressé puis avec les jours qui avançaient la pression montait petit à petit. Le vrai moment de stress arrive pendant les quelques minutes précédent la lecture du sujet. Puis une fois en main, plus le temps de stresser, il faut foncer.

Locita – A quelques heures de vos résultats, comment vous sentez vous ?

Je suis zen, je me dis que les jeux sont faits et que j’ai donné tout ce que je pouvais. Mais je suis aussi, impatient et stressé, un savant mélange d’excitation et d’ignorance.

Merci à Yoav de nous avoir consacré un peu de temps. Locita espère qu’il aura d’excellents résultats.

Crédits photos : Fotolia

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